Greta en a marre de l’espoir

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Par Émélie Bernier
Greta en a marre de l’espoir
Greta.

 

Qu’on en commun Hubert Reeves, 86 ans, et Greta Thunberg, 16 ans? Ce que nous devrions tous avoir en commun : une conscience écologique affûtée et un engagement constant à la propager. Si le premier est réaliste quant à ses chances de voir un véritable changement d’attitude et de comportement se produire de son vivant, la seconde, elle, n’entend pas laisser les adultes et leur « manque de maturité » lui voler son futur.

 

À 15 ans, la jeune Greta est devenue le symbole d’une jeunesse anxieuse de son avenir sur Terre. Alors que tous ses camarades prenaient le chemin de l’école pour la rentrée en août dernier, Greta a décidé de faire la grève. Pendant un mois, elle est restée assise devant le parlement suédois plutôt qu’à son pupitre. Articulée, allumée, lasse de l’apathie des grands, elle a d’abord mené seule sa « grève étudiante pour le climat ». Parce que Greta en a marre de l’espoir. Pour elle, l’espoir est une poignée de paillettes qu’on lance en l’air pour masquer la gravité de la situation. De la poudre aux yeux,  alors qu’il importe plus que jamais de les ouvrir bien grands pour faire face à une situation alarmante.

Si la jeune fille est retournée en classe depuis, elle fait encore l’école buissonnière sur les marches du parlement les vendredis et ce, jusqu’à ce que son pays, la Suède, opte pour un engagement radical en matière de changement climatique.

A la Cop 24, elle a bouleversé le monde entier avec son discours implacable livré avec l’aplomb de ceux qui sont persuadés qu’ils ont raison.  «(…)Vous ne faites que parler de progrès en partant des mêmes mauvaises idées qui nous ont conduits à la pagaille. Même quand la seule chose raisonnable à faire est de tirer la sonnette d’alarme. Vous n’êtes pas assez mûrs pour voir les choses en face. Même ce fardeau-là, vous nous le laissez à nous, les enfants. Notre civilisation est en train d’être sacrifiée pour garantir à un tout petit nombre de personnes de continuer à faire d’énormes profits. (…) Ce sont les souffrances d’un très grand nombre qui paie pour le luxe de  quelques-uns. (…) Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout, et pourtant, vous leur volez leur futur devant leurs propres yeux.»

Bam!

On ne peut rester indifférent aux propos de cette gamine fâchée. Son visage impassible encadré de deux longues tresses est devenu le visage de la jeunesse en colère contre les puissants qui sabotent cette planète qui ne leur appartient pas, mais qu’ils ont emprunté à leurs enfants, comme le dit le vieil adage.

Le feu allumé par l’impassible Greta s’est répandu aux quatre coins du monde. Ce mouvement qu’elle a initié,  comme tout bon mouvement contemporain, a son mot-clic,  #FridaysForFuture. Partout, des jeunes y adhèrent, se lèvent, manifestent, font la grève le vendredi, mais s’engagent les autres jours de la semaine aussi. C’est leur avenir à eux qui est en jeu et ils le savent. Greta aussi. Ne lui parlez pas « d’espoir, de panneaux solaires, d’économie circulaire », dit-elle en concluant son percutant et stoïque TedXTalk (à écouter ici https://bit.ly/2QzOmiD). « Nous avons eu 30 ans de discours d’encouragement, vendant à bon marché des idées positives. Et je suis désolée, mais ça ne marche pas, car si ça avait marché, les émissions auraient déjà diminué. Elle n’ont pas diminué. Oui, nous avons besoin d’espoir, mais plus encore que d’espoir, nous avons besoin d’action. Une fois que nous nous engageons dans l’action, l’espoir est partout (…) Nous ne pouvons sauver le monde en suivant les règles car les règles doivent être changées. »

Et vous, oui, vous là, êtes invité à joindre le mouvement de changement le 15 mars à 17h dans la cour du Carrefour culturel Paul-Médéric à Baie-Saint-Paul.

« Tout doit changer et cela doit commencer aujourd’hui ». –Greta Thunberg

 

 

 

 

 

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