La bande des bleus, le geai

Par Michel Paul Côté 9:30 AM - 07 août 2022
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Il ne passe jamais inaperçu, le geai bleu. Bruyant, tapageur, gai, fanfaron, coquin, chapardeur, voici les qualificatifs que l’on attribue souvent au geai bleu. À juste raison d’ailleurs. Il se déplace souvent en groupe, et les cris de la joyeuse bande informent tout l’entourage de leur présence.

De la taille d’un merle d’Amérique, membre de la famille des corvidés (corneilles, pies et corbeaux), c’est un joyeux luron qui possède des talents d’imitateurs.


Il reproduit facilement et souvent les cris d’autres oiseaux et mammifères. Il se plaît à imiter le cri de chasse du faucon émerillon et de l’épervier, ce qui, bien évidemment, sème la terreur chez les oiseaux et animaux qui fréquentent les buissons.


Entre eux, les membres de la bande s’échangent continuellement des cris rauques variés, ressemblant à un bavardage continu, rendant leur présence connue.


Plusieurs demeurent avec nous toute l’année, et ils visiteront assidûment votre mangeoire si vous leur offrez des cacahuètes. C’est un migrateur ‘léger’, qui ne se déplacera que de quelques centaines de kilomètres plus au Sud pendant l’hiver.


Ils peuvent vivre 15 ans. Il y a donc de fortes chances que les geais bleus qui fréquentent votre mangeoire, année après année, soient toujours les mêmes. On les retrouve toutefois partout en Amérique du Nord, sauf dans les grandes prairies. Ils se déplacent peu, étant assez sédentaires.


Le plumage est spectaculaire. D’un bleu éclatant, le manteau, les ailes et la queue sont parsemés de points noir et blancs, contrastant avec des bandes alaires et un poitrail blancs. La huppe est portée fièrement et très visible selon l’humeur du moment. En réalité, le plumage n’est pas bleu, car cette pigmentation n’existe pas chez les oiseaux. Mais la réfraction de la lumière sur la structure des plumes produit un reflet d’un bleu profond. Si vous trouvez une plume de geai bleu, il suffit de la froisser un peu pour que le bleu disparaisse.


Son alimentation est variée, presque omnivore. Graines, fruits sauvages, glands, céréales, nymphes,insectes variés, plantes et parfois même un œuf ou un oisillon dans un nid découvert lorsqu’il vagabonde dans la forêt. Tel que mentionné plus haut, une mangeoire à cacahuètes, ou un plateau sur lequel on verse cette nourriture, vous assurera que la bande viendra bruyamment vous visiter tous les jours. Et lorsque le cacahuètes viennent à manquer, les protestations vocales seront nombreuses.


Malgré ces comportements assez débordants, le geai bleu mène une vie de couple très rangée et discrète. La période de séduction est courte. Le mâle accompagne partout la femelle qui lui a signifié son accord pour la saison.
Le nid sera solide, environ 20 centimètres de diamètre, souvent construit de brindilles fraîches. Il sera situé dans un arbre, de 3 à 10 mètres du sol. Le couple débute la construction de plusieurs nids avant de finaliser leur choix. Cela fait partie du rituel nuptial. Les œufs arrivent au rythme d’ un par jour pendant cinq à six jours. La femelle couve, le mâle la nourrit. Plus tard, il accompagnera la femelle pour nourrir la petite famille. Pendant toute cette période, le couple est très discret, presque silencieux. Le geai est prudent, ne vole jamais directement au nid, se pose à proximité afin de s’assurer que nul prédateur n’est présent. Il se posera au bas de l’arbre abritant la famille et sautera graduellement d’une branche à l’autre pour se rendre au nid, rien de précipité, Discret mais courageux. Il n’hésite pas à défendre son nid vigoureusement contre des oiseaux plus costaux ou des écureuils.


Pendant l’été, le geai bleu mue. Il n’est pas rare d’observer un geai bleu qui tente de laisser les fourmis pénétrer sous ses ailes. Ce comportement s’appelle le «formicage». Les biologistes ne savent pas vraiment pourquoi, mais il est possible que ce soit pour apaiser l’inconfort causé par les nouvelles plumes qui repoussent sur son corps.
L’automne venu, après la période de reproduction, les petites bandes se forment et deviennent plus visibles et bruyantes. Un bel oiseau qu’il faut apprécier et admirer au cours de nos 4 saisons.


Bonnes observations.

Nouvelles de Charlevoix


Le milieu de l’été est une période un peu moins active au niveau observation des oiseaux, principalement en forêt. C’est la période de reproduction, les petits sont vulnérables, les parents sont discrets.
On peut alors profiter de cette période pour se tourner vers le fleuve. Les oiseaux de rivage et de mer sont nombreux, visibles et très actifs. Il est facile d’observer nos eiders à duvet se promener sur l’eau avec parfois une vingtaine de petits qui les suivent. Ça ressemble drôlement à une sortie de CPE. Bientôt, vers la mi-août, la période de migration va débuter pour plusieurs espèces, pour se poursuivre pendant 2 mois.
À vos jumelles !

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