Simard Suspensions : essentiel de Charlevoix jusqu’à New York

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Par Karine Dufour-Cauchon
Simard Suspensions : essentiel de Charlevoix jusqu’à New York
Le directeur général d’un des plus grands employeurs de la région, Simard Suspensions, témoigne qu’il peut maintenir sa production. Il a dû toutefois mettre à pied temporairement plus d’une centaine de personnes.

L’entreprise spécialisée dans la fabrication de suspensions et de directions pour véhicules lourds de Baie-Saint-Paul a reçu l’autorisation du gouvernement pour continuer à opérer. Simard Suspensions peut encore livrer ses pièces partout sur le continent et demeure « essentiel » en cette période de crise du coronavirus.

Le 23 mars, le gouvernement du Québec a annoncé vouloir mettre sur pause le Québec pour les trois semaines à venir. D’ici le 13 avril, toutes les entreprises jugées « non essentielles » par le gouvernement doivent cesser d’opérer. Lorsque le premier ministre François Legault définit les premières balises de cette nouvelle restriction, ceux qui œuvrent des domaines de la santé et de l’alimentation étaient mentionnés en priorité.

Ce n’était pas sans inquiéter David Tremblay, directeur général de Simard Suspensions, qui s’apprêtait à mettre à pied la totalité de ses employés jusqu’à la fin de la grande pause nationale commandée par son premier ministre.Plusieurs de ses clients œuvrant en sécurité, en collecte des ordures et en transport laitier lui ont fait vite part de leurs inquiétudes. Eux qui manufacturent leurs propres pièces se devaient de maintenir leur production.

« On a reçu des lettres des pompiers de la ville de New York, des lettres du Secrétaire d’État américain à la Sécurité, des lettres d’un peu partout. J’ai échangé avec le bureau de la députée et rapidement, le cabinet du premier ministre nous a autorisés à garder un niveau minimum de production. Tous les concessionnaires de camions ont reçu une autorisation le lendemain de l’annonce », a raconté d’abord M. Tremblay.

Ce dernier doit toutefois maintenir ses activités au minimum. C’est pourquoi sur les 180 personnes en emploi chez Simard Suspension, seulement une quarantaine demeurent en fonction. Ceux qui peuvent choisir le télétravail priorisent cette option et ceux sur place continuent de prendre des précautions sanitaires accrues pour éviter toute propagation de la COVID-19.

« Je dois dire que nos employés sont dévastés de devoir réclamer de l’assurance-emploi, souligne ensuite le dg. Dès les débuts de la crise, on avait augmenté la fréquence des nettoyages et pris plusieurs autres mesures pour protéger nos employés. Tout le monde s’était engagé à passer au travers de cette crise-là en se serrant les coudes ».

David Tremblay conclut qu’il suit avec attention l’évolution de la situation. Il désirerait toutefois que les différents gouvernements soient plus cohérents sur ce qu’ils considèrent comme « essentiel ».

« Je ne blâme pas le gouvernement. Ils font plus que l’impossible pour gérer cette situation. Je tiens d’ailleurs à souligner l’excellent suivi de mon dossier chez nos députées.  Il faudrait toutefois qu’ils s’harmonisent. Ce qui est un service essentiel pour le gouvernement américain, pour le premier ministre de l’Ontario et celui du gouvernement canadien, on dirait que personne n’a la même définition de ce qui est essentiel », termine l’entrepreneur.

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