29e symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul: Rencontres du troisième type

Par Emelie Bernier 10 août 2011 Initiative de journalisme local
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Dès l’entrée, l’artiste tatoueuse Émilie Roby donne le ton à l’événement, gravant ses œuvres nomades à même la peau, canevas peu usuel pour qui s’intéresse ne serait-ce qu’un peu à l’art visuel. Bienvenue au symposium, lieu de tous les possibles.

 

                                

Un peu plus loin, une vidéo étonnante mettant en scène l’artiste multidisplinaire Olivier de Sagazan suscite des réactions de stupéfaction chez les visiteurs peu familiers avec l’art performatif. Pour celui qui s’enduit à pleines mains de terre et autres brindilles, l’étonnement est à la source même de l’art. « Comme un peintre qui a perdu son chevalet, j’utilise mon corps comme support dans un processus créatif qui implique que je travaille à l’aveugle, laissant émaner des formes que je ne m’autoriserais pas », explique-t-il. P

 

our l’artiste, habitué de travailler en solitaire dans le silence de l’atelier, la rencontre quotidienne avec le public  comporte un aspect déroutant, auquel il s’habitue toutefois : « Les gens sont parfois effrayés, puis  étonnés, captivés. La médiation joue un rôle dans l’initiation, l’ouverture », croit celui qui offrira une performance lors de la soirée de contes interdisciplinaires du jeudi 18 août (tout comme Basim Magdy et Diane Obomsawin). La veille, Daniel Barrow, Rebecca Belmore et Guy Sioui-Durand se prêteront au même exercice, sous le chapiteau près du Musée d’art contemporain.

 

Stefan St-Laurent, commissaire, ne peut que saluer la bonne marche du symposium. «Ça va très bien! L’achalandage est en hausse, plus de 200 personnes par jour. Le public est déstabilisé et enchanté à la fois. La présence de Jimmy Perron provoque une affluence de gens qui avaient déserté le symposium », remarque-t-il. La connivence entre les artistes est aussi tangible. Les découvertes et les échanges sont nourris. « Tous s’entendent bien, ont hâte de voir les autres évoluer », conclut le commissaire.

 

 

Isabelle Demers abonde en ce sens : « Il y a déjà des amitiés qui se forment, ce sont des gens que je vais revoir. C’est intéressant de voir comment ça se passe dans la vie de chacun, les choix que chacun fait », commente celle qui concède ne posséder qu’une expérience encore limitée.

 

 

Le

 Guillermo Trejo.

 

Mexicain d’origine Guillermo Trejo, installé à Ottawa, reluque déjà les murs hors de son atelier. Puisant à la source sans fond des grands et moins grands titres des journaux, il les calligraphie en une espèce de murale a priori amusante, mais qui recèle des notions graves : ouragan, guerre, violence… «D’abord, les gens pensent que c’est accessible, léger, mais j’aime qu’ils ressentent quelque chose quand ils portent leur attention sur les détails », dit-il. Il s’applique quotidiennement à la réalisation d’une carte postale portant sur un événement, tentant d’attirer l’attention sur celui-ci.  « Il y a tellement d’informations sur lesquelles on passe sans s’arrêter. Je suis concerné, je veux que les gens le soient aussi. »

Le symposium se déroule jusqu’au 28 août à l’aréna Luc et Marie-Claude de Baie-Saint-Paul.

 

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