Renaissance pour l’Association des producteurs maraîchers et fruitiers de Charlevoix

Par Emelie Bernier 4:16 PM - 22 juin 2022
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L’association, fondée en 1980,  connaît un second souffle, tout comme l’agriculture de proximité.  24 entreprises en sont désormais membres, dont 10 de moins de 5 ans.

« Quand ça a été fondé, en 1980, c’était davantage axé sur la mise en marché. Il y avait de la mise en commun aussi, mais c’était vraiment le but. Depuis quelques années, avec l’avènement des marchés publics, il y avait un peu une perte d’intérêt », indique Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal.

Depuis environ un an, la volonté de se regrouper a refait surface. «On en jasait, tant avec les nouveaux producteurs que les anciens. On se disait qu’il y aurait des avantages à faire, par exemple, des commandes communes d’intrants ou à faire venir des experts »,  indique l’agriculteur qui a pris le relais de Stéphanie Pilote à la présidence. Le c.a. a été renouvelé et les règlements généraux remis à jour.

L’adhésion a été unanime.  L’association regroupe 10 jeunes entreprises « et toutes les anciennes », au grand plaisir du président. « Les Jardins du centre, Marc Bérubé, Serge Bouchard, ils sont tous là! »

Ensemble, pionniers et jeunes poulains ont travaillé à identifier leurs besoins. Plusieurs comités ont été créés. «Grâce au comité formation, on a reçu des formateurs pendant 3 semaines, on a été à l’école toute la gang! Le comité d’achat collectif nous permet d’acheter plus de volume pour réduire le coût de production. On a accès à des services agronomiques, on s’organise des visites entre fermes pour s’épauler, s’inspirer… », poursuit le président, enthousiaste.

Le comité de mise en marché collective permet de mettre toutes les cartes sur table et de travailler en collégialité.

Le kiosque commun des Jardins de Cap-aux-Oies et de Rose & Lion au Marché public de Baie-Saint-Paul. 5e en partant de la gauche, Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal.

«On partage tous nos prix pour être capables de voir s’il y a de grosses disparités et pour éviter le « dumping ». Tout le monde embarque », se réjouit le président de l’association. À plus long terme, l’association souhaite étendre la part de marché de ses membres sur le territoire, voire au delà. « Est-ce qu’on pourrait, sous un même nom, écouler à plus de marchés par exemple dans les épiceries, les institutions comme les CPE, les hôpitaux, les écoles? On a tous le souhait de nourrir notre région en premier, mais on n’exclut pas de vendre sur Québec, par exemple », ajoute-t-il.

Siègent aussi sur le comité Guillaume Hamel-Dubois, des Jardins Écho Logiques, Yan Chamberland, du Jardin de la Simplicité, Étienne Girard Migneault de la Ferme du Ruisseau-Jureux et Serge Bouchard, de la Ferme de la Côte des Bouleaux, co idéateur du projet de Marché ambulant. L’initiative, qui a remporté une bourse du récent Lab Créatik, pourrait, à terme, devenir un autre vecteur pour atteindre le consommateur.

« L’objectif de l’Association est de promouvoir l’agriculture écologique et locale sur le territoire de Charlevoix,  de travailler à la pérennité et l’organisation de notre agriculture en tant que producteurs, pas nécessairement biologiques. C’est une question personnelle. On est tous là, ensemble, à produire des fruits et des légumes dans Charlevoix. Il faut s’entraider et limiter la division. Le mot d’ordre est d’être rassembleur et inclusif», conclut le propriétaire des Jardins du Cap-aux-Oies.

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