Une bonne grosse fièvre olympique

Par Dave Kidd 11:59 AM - 09 février 2022
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Je savais que je l’attraperais. Je la «pogne» tout le temps. La fièvre olympique, je la «pogne» été comme hiver !

Je suis une personne axée sur les résultats. Il n’y a que ça qui compte pour moi. Je ne veux pas savoir comment, mais livre-moi un bon résultat final.


Ce n’est pas que je ne m’intéresse pas aux sacrifices et au travail accompli pour y arriver. Bien au contraire. Professionnellement parlant, quand c’est à ton tour de sauter sur la glace : sois prêt. Je ne demande pas de miracles, mais fais du mieux que tu peux. Montre-moi que tu es sur ton X.


Bien oui, une mauvaise journée, ça arrive. Une mauvaise semaine également. Il faut comprendre et dealer avec ça. Or, c’est plus simple de trouver des excuses que de se botter les fesses pour avancer. Qui, dans les faits, est payé pour trouver des excuses plutôt que de donner une prestation de travail honnête ? Personne !


C’est ce qui m’allume avec les JO : la performance. J’ai tout donné pour me rendre là. Je suis au sommet de mon art. Est-ce que ce sera la journée de ma vie ? Est-ce aujourd’hui que je passe à l’histoire ? Maudit qu’il doit s’en dire des choses dans la tête d’un athlète une fois arrivé sur le site de la compétition. Une sensation qui ne doit avoir aucun comparable.


Marie-Claude Savard-Gagnon, Luc Bradet, Dominique Maltais, les sœurs Dufour-Lapointe et Ann-Renée Desbiens ont mis de côté bien des affaires et fait de grands sacrifices pour aller aux Jeux olympiques. Je ne suis pas certain qu’ils se présentaient tous avec un grand sourire pour une séance d’entraînement à l’aurore.


C’était le chemin qu’ils devaient emprunter pour réaliser leur rêve. Personne ne leur a dit : « aller aux JO, c’est tellement simple. Tu vas voir, ça ne demande presque rien! » Non. Eux, ils savaient qu’avant de se frotter aux meilleurs au monde, ils devaient d’abord être les meilleurs de leur pays.


Prenons Ann-Renée Desbiens. C’est elle que tout Charlevoix surveille à Pékin. Au match #1 contre la Suisse, elle a réalisé un arrêt spectaculaire en fin de 2e période alors qu’elle avait connu presque 40 minutes sans voir de rondelles de près. La jeune femme de La Malbaie a défendu sa forteresse comme on s’attendait qu’elle le fasse. La Suisse n’est pas une superpuissance du hockey féminin. Mais la #35 a fait un arrêt clé.


La Suisse aurait marqué sur cette séquence qu’Équipe Canada aurait gagné quand même. C’était 8-0 à ce moment pour les représentantes de l’unifolié. Non. Desbiens était dans le match. Elle a bloqué le tir. C’est ça, être sur son X et avoir soif de victoire. Son idole Martin Brodeur a dû aimer la voir exécuter cet arrêt.


J’étais bien heureux de voir ce moment fort d’une partie à sens unique. J’ai lâché un « tab… qu’elle est hot » en voyant sa jambière dans les airs pour bloquer le tir ! Les membres de sa famille ont eux aussi dû savourer ce moment.


On devient tous un peu chauvin dans le temps de Jeux. On parle des athlètes comme si on les connaissait depuis toujours. As-tu vu Charles dépasser le gars dans le virage? Justine, ça n’avait aucun sens sa descente! Même si ma télé n’est pas en permanence à RDS durant l’année, moi, ça vient me chercher, les Jeux. J’aime ça. J’aime ça pour ce que c’est. J’aime ça pour l’intensité.


Dans les médias, on a la chance de jaser avec les athlètes. On découvre la personne, son caractère et son humour. Les échanges se font dans une ambiance décontractée même si, pour l’athlète, c’est souvent à la chaîne que se font les entrevues.


Tous sans exception remercient la population de la région pour l’appui reçu. Le respect est une valeur commune à la plupart des sportifs. Debout sur son snow, à l’autre bout du monde, Dominique Maltais savait que son village, la région, le Québec et le pays voulaient qu’au premier jump, elle prenne les devants et gagne la course.


Ann-Renée Desbiens doit elle aussi ressentir qu’on est tous bien fier de la voir devant le filet d’Équipe Canada. On est tellement derrière elle qu’elle doit voir la rondelle grosse comme l’Acropole-des-Draveurs. Elle a déjà gagné l’argent. Cette année, elle veut rentrer au pays avec l’or au cou.


Luc et Marie-Claude ont eu beaucoup d’appuis de la communauté. La Ville de Baie-Saint-Paul a d’ailleurs donné leurs prénoms à son aréna.


C’est pour voir « nos » athlètes que la fièvre olympique me gagne. Bien sûr, je surveille les gros noms qui reviennent défendre leur titre. Les records qui tombent. Les jeux spectaculaires, etc… Il y a des disciplines qui me tentent moins. Je ne suis pas convaincu que je vais suivre toutes les compétitions de patinage artistique. Il me reste quand même 14 autres sports pour satisfaire le sportif de salon qui m’habite!


Cependant, mon sport préféré demeure la politique. Je m’attendais à un gros show cette semaine à Ottawa avec ce qui se passait au Parti conservateur du Canada.


Finalement, ç’a été une reprise de la dernière campagne électorale des bleus, mais en plus court. Justin Trudeau voit sans doute l’opportunité de repartir lui aussi pour un autre cycle olympique !

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