En quête d’une réglementation municipale pour les maisons intergénérationnelles

2 février 2012
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Transformer sa maison pour y accueillir un parent vieillissant est à la base du concept de maison intergénérationnelle. Par contre, l’absence de mention de ce type d’habitation dans le règlement d’urbanisme municipal complique la vie des familles qui ont choisi de faire le saut, comme c’est le cas de Pierre Guay et Louis Murray de La Malbaie.

Il y a cinq ans, Pierre Guay est venu rejoindre sa mère, Pauline Lajeunesse, qui vivait seule dans sa maison de Pointe-au-Pic. Une présence indispensable pour la dame aujourd’hui âgée de 91 ans. « On a habité un an ensemble. J’ai ensuite fait des travaux sur la maison familiale pour que nous ayons chacun notre chez nous, tout en me permettant d’être tout proche d’elle », résume-t-il.

Les rénovations terminées, M. Guay a « découvert » que « l’annexe » où il vit est considérée comme un logement par le règlement d’urbanisme de La Malbaie. Du coup, il doit payer deux fois les taxes de services, soit 1944 $. Si ce type d’habitation était reconnu dans la réglementation municipale, sa facture serait plutôt de 972 $.

Selon M. Guay, plusieurs familles malbéennes sont aux prises avec cette « iniquité », à laquelle s’ajoute la hausse de l’évaluation municipale de la résidence modifiée. « Depuis que je suis intervenu au conseil municipal, une vingtaine de personnes m’ont fait part de leur appui », précise-t-il, résolu à faire avancer la cause sur le territoire de la Ville. Une pétition demandant la modification du règlement d’urbanisme est d’ailleurs en marche.

Confusion et double taxation

En 2009, c’était au tour de Louis Murray d’aménager un logement intergénérationnel dans sa résidence du secteur Doucet. Des discussions avec un inspecteur de la Ville de La Malbaie sur ce type d’habitation et la modification de son permis de rénovation sur la nature des travaux l’assurent, croit-il, de faire les choses dans les règles. « Nous avons décidé de faire ces travaux pour accommoder ma belle mère Suzanne et pour sauver des taxes. Mais notre compte n’a jamais baissé », raconte M. Murray, qui estime débourser entre 600 et 700 $ de plus par année en taxation faute de pouvoir compter sur une réglementation adéquate. « Ce qui m’insulte dans cette histoire, c’est que je suis allé les voir, j’ai pris des informations auprès d’un inspecteur et j’ai fait de gros travaux. Dans cette histoire-là, je me suis fait avoir », déplore M. Murray.

Le pompier volontaire, qui a prêté main-forte à la candidate élue conseillère Francine Pilotte, lors des élections de 2009, assure que le débat est au-delà de la politique partisane et affirme ne pas comprendre l’entêtement de la Ville à ignorer ce type d’habitations à la popularité grandissante.

À la Ville de La Malbaie, la mairesse Lise Lapointe s’en tient aux arguments présentés lors de la séance du conseil du 16 janvier dernier. Si la question du bigénérationnelle a été abordée dans la préparation du budget 2012, la « gestion complexe » et ses aspects personnels ainsi que les coûts liés à l’application d’un tel règlement ont incité le conseil à maintenir le statu quo pour 2012. « Le principe est louable, mais s’est dans l’application  que ça devient difficile », soutient-elle. Une position qui laisse M. Guay et M. Murray sur leur appétit. « On s’indigne que nos parents souffrent de solitude, et on évite d’adopter un règlement parce que c’est trop compliqué… Si les Éboulements l’ont fait, pourquoi une Ville comme La Malbaie ne pourrait pas le faire? » questionne M. Guay dont l’énergie à débattre de cette cause s’abreuve dans sa tendresse pour sa mère à qui il essaie « de donner une fin de vie heureuse ».

 

Louis Murray comprend mal l’entêtement de la Ville de La Malbaie sur la question des maisons bigénérationnelles.

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