La paix des étoiles

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Par Emelie Bernier
La paix des étoiles

Le scientifique Hubert Reeves n’a rien du savant fou. Avec derrière lui son impressionnant curriculum vitae et ses 77 ans, il a cumulé suffisamment d’expériences et de connaissances pour porter un regard éclairé sur l’état du monde. Quand l’astronomie et l’écologie se rencontrent, Hubert Reeves est aussi de la partie.

La conférence qu’a livrée M. Reeves dimanche dernier au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul a fait courir les foules. 285 personnes ont envahi la salle Françoise-Labbé.

Les 13 guitares et la contrebasse de l’ensemble Forestare ont offert, en première partie, une performance acclamée. Leur son riche, parfois percussif et avec des pointes théâtrales, a fait l’unanimité. La foule a réservé ensuite un accueil chaleureux à l’astrophysicien qui, malgré quelques pépins techniques, a su la captiver.

«Notre intelligence, qui nous a sauvés à certaines étapes de notre évolution, nous menace aujourd’hui », a livré le scientifique à l’approche humaniste. Dénonçant la propension de l’humain à se prétendre invulnérable, M. Reeves a remis les pendules à l’heure. «La sixième extinction aura dans le collimateur tous les grands arbres et les mammifères de plus de 3 kilogrammes. Sortez votre balance demain, pour voir! »

Les gaz à effet de serre, la déforestation, l’érosion de la biodiversité sont tous des sujets très préoccupants, selon lui. « Nous jouons les apprentis sorciers! Je ne voudrais pas livrer un message strictement négatif. Il y a aussi du positif, comme le fait que les décideurs reconnaissent que le réchauffement planétaire est un phénomène important.  Ils ont compris que ce ne sont pas des fantaisies d’écolos rigolos! Quand il y a le feu, le savoir est un bon premier pas! Il y a une réelle prise de conscience planétaire, mais est-ce assez, et est-ce assez rapide? »

Si l’humanité venait à s’éteindre, trois grandes richesses s’éteindraient avec elle, toujours selon M. Reeves. «Les humains, même s’ils en ont fait beaucoup, n’ont pas fait que des conneries! L’art, la science et la compassion seraient de très grandes pertes si l’humanité en venait à disparaître de la surface de la terre. »
Le passage d’Hubert Reeves n’est pas étranger au projet d’institut qui portera son nom et sera affilié au Musée maritime de Saint-Joseph-de-la-Rive. « Je suis très touché que mon nom puisse servir à mobiliser les gens autour de ce très beau projet. Charlevoix est un endroit emblématique pour les astronomes, un endroit magnifique, même s’il est mité par les propriétés! C’est normal que tout le monde ait envie d’avoir son petit coin de campagne. Espérons que l’Institut sensibilisera les gens à la valeur du paysage.»

Hubert Reeves a été invité à planter un lilas en souvenir de son passage à Baie-Saint-Paul. En matinée mardi, il a aussi rencontré les étudiants de la Faculté de foresterie de l’Université Laval qui travaillent à la forêt maritime.

 

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