Quel été pour les travailleurs saisonniers?

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Par Karine Dufour-Cauchon
Quel été pour les travailleurs saisonniers?
Les travailleurs saisonniers auront-ils assez d’heures travaillées pour être admissibles au chômage à l’automne ? C’est ce que se demande le Mouvement Action-Chômage Charlevoix.

Avec une saison touristique ralentie, les travailleurs saisonniers pourraient ne pas être capables de compléter leurs heures afin d’être admissibles à l’assurance-emploi. Cette éventualité fait réfléchir le Mouvement ActionChômage de Charlevoix, qui espère avoir rapidement des précisions de la part du gouvernement fédéral.

Depuis le mois de mars, la directrice du Mouvement Action-Chômage de Charlevoix (MACC) Julie Brassard et son équipe estiment avoir reçu près de 1300 appels. «Nous n’étions pas occupés pour rien! Les gens avaient tellement besoin d’informations sur les programmes, leurs inscriptions… Et ça continue », a-t-elle d’abord souligné.

Un premier soulagement est venu il y a deux semaines. Les travailleurs saisonniers qui avaient épuisé leur prestation d’assurance-emploi régulière ont appris qu’ils étaient admissibles au fonds de 2 000 $ mensuel de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Maintenant, c’est l’automne qui inquiète l’organisation qui accompagne les travailleurs saisonniers dans leurs démarches.

« Personne ne sait si nos travailleurs saisonniers vont pouvoir se qualifier, a précisé Mme Brassard. Il y a beaucoup de pression pour recevoir des touristes dans la région. En même temps, est-ce que nos gens sont prêts? Ce n’est pas clair. Il y a énormément d’inquiétudes. D’un côté, on voit ce qui se passe à Montréal, on ne veut pas déconfiner et attirer des gens qui ont la maladie. D’un autre côté, il y a énormément de stress chez des gens qui ne se sentent de toute façon pas prêts à retourner travailler, par insécurité. Ça va être difficile, le retour à la vie normale », explique-t-elle.

Pour le retour à la «haute saison», on s’attend à ce que ce ne soit pas tous les travailleurs qui reprennent leur emploi, soit en restauration ou en hôtellerie. «Quelques travailleurs pourront alors profiter du retour, mais en même temps, ils ne doivent pas tomber malades sinon on retourne à la case départ. Il faudra être prêts et avoir une bonne stratégie. Avec les bonnes mesures, c’est possible. Mais on ignore combien d’heures les travailleurs devront compléter pour être admissibles à l’automne au chômage », souligne la directrice.

En saison régulière, un travailleur doit compléter 695 heures sur le marché du travail. Mme Brassard souligne qu’elle s’attend à une baisse de ce chiffre, mais demeure dans l’inconnu à cet égard. « On s’attend à ce que ça prenne moins d’heures pour se qualifier comme les taux de chômage sont en hausse. Au mieux, on pourrait se rendre à 450 heures. C’est ce à quoi je m’attends. Toutefois, est-ce qu’on sera capable de les faire avec notre été sans touriste ? D’habitude, les saisonniers les plus habitués font jusqu’à 800 heures. Aujourd’hui, on ne le sait pas », complète-t-elle.

Mme Brassard tient à profiter de sa tribune pour remercier les organismes communautaires de la région qui aident sur tous les fronts les travailleurs d’ici qui vivent de la détresse ou ont des besoins en alimentation. Tous les travailleurs qui auraient des questions sur leur situation sont priés de contacter le MACC au 418 201-0808.

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Karma karma
Karma karma
5 mois

De l’emploi y’en a partout!!!
Pas juste charlevoix qui vit ça..
Pourquoi s’arrêter pour demander du chômage ??? Ce n’est pas une obligation de demander des prestations..arrêtez de vous fier à ça.