COVID-19: Situation critique pour les femmes victimes de violence

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Par Emelie Bernier
COVID-19: Situation critique pour les femmes victimes de violence

Pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, la maison peut devenir une poudrière, en ces temps de confinement obligatoire imposé par la pandémie de COVID-19. Les deux paliers de gouvernement sont sensibles à cette problématique et font leur part pour leur offrir une alternative sécuritaire.

Le vendredi 27 mars, le gouvernement québécois annonçait un fonds d’urgence de 2,5 millions destiné aux organismes d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence. Le lendemain, c’était au tour de Justin Trudeau d’octroyer une aide financière ponctuelle de 40 millions aux refuges pour femmes et aux centres qui viennent en aide aux victimes d’agressions sexuelles.

Dans Charlevoix, La Maison La Montée a accueilli avec soulagement ces annonces, explique Diane Néron, coordonnatrice clinique, qui anticipe une explosion des demandes d’aide dans les semaines à venir. «De notre côté, cet argent sera utilisé pour assurer la sécurité de toutes les femmes qui font appel à nous », indique-t-elle. La maison d’hébergement est remplie à pleine capacité et les femmes vivent elles aussi le confinement obligatoires. «Ça se passe bien, on les rassure, on les accompagne. On a plusieurs enfants aussi. C’est plein, mais on ne laissera personne dans la rue », explique-t-elle.

Pour ce faire, une entente a déjà été conclue avec une institution d’hébergement touristique. «On se tourne vers cette alternative. On va non seulement les loger et assurer leur sécurité, mais aussi leur fournir de la nourriture et les accompagner avec des interventions téléphoniques. Pas question que les femmes qui vivent de la violence n’aient pas d’option et doivent rester chez elles », indique Mme Néron.

Jusqu’ici, les demandes d’aide n’ont pas connu d’augmentation spectaculaire, mais un allongement de la durée du confinement pourrait changer la donne. Des demandes sont venues de l’extérieur de la région, mais La Montée n’a pas la capacité d’y répondre. «En ville, ça déborde! Présentement, on prépare le terrain, on a besoin d’un plan solide pour que les femmes de Charlevoix, des Caps jusqu’à Baie-Sainte-Catherine, soient reçues dans un endroit sécuritaire quand le besoin va se présenter », poursuit Mme Néron.

La Maison La Montée travaille de près avec ses partenaires. « On fait un état de situation au CIUSSS deux fois par semaine pour partager nos besoins. On collabore avec la Sûreté du Québec aussi. Personne ne va tomber dans une craque! On essaie d’être proactif et de ne pas priver les femmes de l’aide dont elles ont besoin », indique la coordonnatrice.

Des intervenants supplémentaires sont formées. «C’était prévu avant la pandémie, mais disons qu’on accélère le processus. Nos retraitées reviennent aussi en renfort pour nous donner un coup de pouce et faire de l’intervention ponctuelle », indique Diane Néron.

Elle invite les femmes à ne pas hésiter si elles craignent pour leur sécurité et celle de leurs enfants. « On sait qu’il y a beaucoup de femmes qui vont se retenir d’appeler, soit parce que les enfants ou leur conjoint sont toujours là… Elles vont acheter la paix, soit parce qu’elles vont avoir peur de déranger, ou qu’il n’y ait pas de place pour elles. On leur demande de trouver un moyen de communiquer avec nous, que ce soit par un voisin, le pharmacien, une amie…Il ne faut pas rester dans des situations dangereuses pour leur vie! On ne veut pas que les femmes se gênent, ne serait-ce que pour vérifier certaines choses. On est là pour eux, on va trouver des moyens de les aider », conclut Diane Néron.

Pour joindre la Maison La Montée, composez le 418-665-4694. La ligne est ouverte 24 heures sur 24.

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