Petit magasinage de saison

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Par Brigitte Lavoie
Petit magasinage de saison
L'achat de manteaux d'hiver pour une jeune ado n'est pas toujours facile chez nos commerces locaux.

C’est beaucoup la faute du mois de novembre qui se prend pour l’hiver. Et des légumes, qui font trop grandir les enfants. Et du magasinage en ligne. Et peut-être aussi un peu de ma faute à moi… qu’est-ce qui m’a pris d’attendre à maintenant pour étudier la question des bottes et des manteaux d’hiver 2019 de mes chérubins? La grosse misère version La Malbaie, Canada.

C’était jeudi en fin d’après-midi. Ma (trop) grande jeune ado et moi avons fait toutes les boutiques malbéennes susceptibles de contenir un manteau d’hiver small femme cool et des bottes taille 10 (je sais, quels grands pieds!). Vingt-huit minutes top chrono plus tard, nous avions littéralement fait le tour de la ville et quelques essayages, mais nous étions bredouilles. Bredouilles comme dans rien à se mettre sur le dos et dans les pieds. Sauf un manteau une taille trop grande et hors budget qu’on hésite à acheter.

Je suis toujours déçue quand je me rive ainsi le nez aux limites du magasinage local. Pourtant, nos quelques boutiques d’ici sont pleines. Mais les tailles manquent, ou encore le prix ou le modèle ne conviennent pas. On m’offre de commander. J’hésite. C’est tellement plus facile quand on peut essayer le vêtement et l’acheter
illico… Exit le malaise de faire venir la bonne pointure pour finalement décider de ne pas acheter la botte.

Je n’écris pas ici une envolée de reproches envers nos commerçants locaux qui se débattent pour rester à flots. Je constate seulement que consommateurs et commerçants se frottent aux limites de l’achat local, et que ces limites sont d’autant plus visibles en région que nous sommes peu à vendre et à acheter. Si le consommateur accepte d’ajuster ses attentes et de faire des compromis, le commerçant doit également je pense être à l’écoute de la clientèle locale.

Et ici, je dois dire que j’admire les efforts que certains font pour accommoder le client. Certains offrent la possibilité de commander, proposent des bons différés, donnent un service personnalisé et des conseils en boutique, sont transparents sur les promotions à venir, restent amicaux même s’il est clair que la vente est difficile.

Je m’entête donc à faire le tour des commerces d’ici avant d’aller voir ailleurs. Parce que quand ça fonctionne, c’est le summum de la satisfaction. Court et touchant, tout un petit monde habillé à 10 minutes de la maison. Du coup, je sais que j’ai participé à l’année financière d’un petit entrepreneur local.

Et je sais aussi qu’aller habiller les enfants pour l’hiver dans la grande ville, c’est une autre histoire… J’ai l’enthousiasme à 2 sur l’Échelle de Richter, max! Le 30 minutes de magasinage local devient des heures de cafouillage pendant lesquelles les essayages se multiplient, les préposés aux ventes ont l’air en épuisement professionnel, le budget familial se tord de douleur devant le choix et les prix, la petite faim nous creuse, l’automobile réclame son plein d’essence et on finit une fois sur deux par repartir bredouille ou presque avec un manteau coup de cœur resté en boutique parce que toujours hors de prix et une taille trop grande.

Mais heureusement, j’ai des enfants raisonnables… Même s’ils refusent le manteau usagé du sous-sol de l’église (0,02 d’enthousiasme sur l’Échelle de Richter) ils cultivent le concept du multicouche et s’habillent comme des pelures d’oignon en attendant des jours meilleurs. Et on s’est promis de retourner faire la tournée des boutiques charlevoisiennes, pour voir si nous n’aurions pas manqué un coup de cœur local de la bonne taille…

***

Parlant de shopping local, c’est cette fin de semaine que se déroule le Salon des métiers d’art de Charlevoix. Quel événement sensationnel pour dénicher ce qui ne se déniche pas ailleurs. Ce que j’aime de ce salon et autres marchés des Fêtes, c’est qu’on y entre avec le seul besoin précis de s’en mettre plein les yeux et de trouver un cadeau pour quelqu’un qu’on aime. Si on a parfois une petite idée de ce qui plairait, on se laisse rapidement aller à se laisser inspirer par les artisans et les producteurs. Il faut laisser la magie opérer.

Céramique, verre soufflé, chocolat, miel, cidre, champignons ou caramel, sculpture, bijoux, textiles, ce sont près d’une quarantaine d’artisans et de producteurs qui sont sur place. Et pas besoin d’un gros manteau, puisque tout se passe au chaud, au Fairmont Le Manoir Richelieu.

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