Jacques St-Gelais-Tremblay est L’Enfant

Photo de Emelie Bernier
Par Emelie Bernier
Jacques St-Gelais-Tremblay est L’Enfant
Jacques St-Gelais Tremblay

Avec la publication de son second livre, L’Enfant, lancé ce dimanche 19 mai lors du Musée en fête au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, l’ex directeur de l’institution muséale Jacques Saint-Gelais-Tremblay plonge dans ses souvenirs, assemblés sous forme de nouvelles. Plusieurs y reconnaîtront le Baie-Saint-Paul d’hier, ses personnages et ses intrigues, à travers le filtre de l’imaginaire d’un gamin devenu grand depuis.

Jacques St-Gelais Tremblay a pu sauter à pied joint dans le projet lorsque l’heure de la retraite a sonné. «Je l’avais commencé, puis arrêté, mais un livre s’écrit d’abord dans la tête. J’y songeais souvent, je prenais de notes, je faisais des petites corrections. Quand j’ai arrêté de travailler, il y avait un vide, et ça a fait du bien de replonger dans l’écriture. C’est toujours libératoire, quand on écrit, peu importe le sujet», lance-t-il.

Les personnages de sa ville tiennent le haut du pavé, mais il ratisse large et écorche au passage l’église. «Elle contrôlait tout : nos vies, la vie de nos parents, la vie sexuelle de nos parents! On nous tenait par la confession. Comme pensionnaire, je devais faire six prières par jour! Tous les vendredis, on allait à église, il y avait les vêpres, la messe… Les voiles, on en a eu dans l’église catholique et on s’en est débarrassé, ça aide à comprendre en partie la réaction du Québec face aux signes religieux.  On a subi ça! Oui, il y a eu des frères et des religieuses extraordinaires, mais je souligne les irritants qu’on a connu. Je n’ai rien contre l’église, je m’interroge sur sa toute puissance à cette époque », indique-t-il.

Le livre a fait mouche,  puisque deux des trois éditeurs auxquels il avait soumis le manuscrit ont accepté de le publier. Il a choisi les Éditions GID. «J’ai livré un produit fini. Mes corrections étaient faites. Je voulais avoir mes dessins à l’intérieur… J’aurais aimé que Céline White les fasse, mais elle m’a conseillé de les faire moi-même et elle a plutôt signé la préface », précise l’auteur qui planche déjà sur son prochain bouquin. «Ce sera un roman et il va toucher Baie-Saint-Paul, mais ça va être différent, sans le côté historique.  Je travaille aussi sur une pièce de théâtre qui va se passer dans un café et parler des réseaux sociaux, très contemporaine!»

Jacques Saint-Gelais quittera bientôt la région. L’hiver a été rude et le bouillonnement culturel de la ville lui manque.  «J’aime ma place, j’aime Baie-Saint-Paul,  mais je pense qu’il faut savoir tourner des pages parfois. Quand j’ai quitté le musée, les gens disaient que je trouverais ça difficile, mais je suis rendu à vivre autre chose. Je pense qu’il est plus facile de vivre une retraite dans une grande ville que dans une petite ville car  j’aime que ça bouge et ici ça ne bouge pas assez », dit a habité Paris et Montréal. Il reviendra bien évidemment à la source de son inspiration, son patelin, Baie-Saint-Paul. «Vous allez me revoir », lance celui qui part en laissant derrière une trace. Le nouveau pavillon du Musée d’art contemporain, l’ancienne école Thomas-Tremblay, portera le nom de ce bâtisseur.

 

Partager cet article

Laissez un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des