Ferme du Gouffre : première étable robotisée de Charlevoix

Photo de Gilles Fiset
Par Gilles Fiset
Ferme du Gouffre :  première étable robotisée de Charlevoix

Après l’incendie du 7 juin 2017 qui a ravagé leur étable et anéanti presque tout leur cheptel, les propriétaires de la Ferme du Gouffre, Nicol Simard et Lucie Tremblay, se sont retroussés les manches et se sont dotés de la première étable entièrement robotisée de la région.

Le 27 décembre au soir, l’émotion est à son comble à la Ferme du Gouffre sise dans le rang à Baie-Saint-Paul. La famille Simard-Tremblay vient de recevoir ses deux robots de traite à 300 000 $ chacun. Désormais, la petite famille n’aura plus, ou presque, à se lever à 4 ou 5 h du matin tous les jours pour vider les pis bien gonflés des vaches. Ce seront les animaux eux-mêmes qui décideront du moment. « Les vaches vont être en stabulation libre, elles vont pouvoir se promener partout dans l’étable sans entrave et décider de passer se faire traire par le robot. Lui, le robot, va savoir en lisant une médaille autour du cou de la vache si elle peut se faire traire ou non », explique Nicol Simard en ajoutant que le système augment le confort des vaches bien entendu, mais stimule aussi leur productivité. La machine va laver et placer les pies elle-même pour ensuite vider l’animal de son précieux lait. Si une vache veut trop se faire traire ou pas assez, le robot peut la mettre à part des autres dans une petite section en fermant des barrières automatiques. « C’est pratique parce que l’on aura pas à chercher l’animal partout pour voir ce qui ne va pas », commente Nicol Simard.

Photo prise sur le site Matérielagricole.info

Mais la robotisation de l’entreprise ne s’arrête pas là. La distribution de la nourriture va aussi se faire toute seule à partir d’un panneau de contrôle et la pâture va être répartie selon les besoins de chacune des bêtes. Même le fumier et la litière vont être pris en charge. Un système de traitement du fumier va passer ce dernier dans un genre de tordeur pour en extraire la paille. Celle-ci va être mélangée à du fourrage neuf pour ensuite être épandue automatiquement pour servir de litière aux vaches. « On appelle ça de la litière verte », précise M. Nicol en spécifiant qu’il a voulu au début mettre du sable, mais a dû abandonner l’idée, le sable n’étant pas approprié dans la région pour cet emploi. « La machine se paie en deux ans à peu près avec les économies d’achats de paille », précise le propriétaire de la Ferme du Gouffre.

Nicol Simard à côté d’un des panneaux de contrôle du système de robots.

En ces temps de pénurie de main-d’œuvre, un tel équipement tombe à pic. « On n’a pas encore testé les machines en opération, mais ça devrait nous permettre de combler le travail d’un ou deux ouvriers », pense Nicol Simard.

C’est grâce à une médaille dotée d’un radio transmetteur porté au cou des vaches que les robots pourront opérer en individualisant leur travail en fonction de chacune des bêtes. Une myriade d’informations pourront aussi être récoltées. « Par exemple, elle va permettre de compter le nombre de mastications que la vache va faire par jour pour voir si elle en santé et même le nombre de pas qu’elle a fait en 24 h. C’est vraiment pratique parce que si la vache est en chaleur, elle va se mettre à marcher deux fois plus, alors on va savoir le moment exact pour faire l’insémination », explique M. Simard.

Les travaux avancent bien à la Ferme du Gouffre

Les travaux d’excavations ont commencé au mois de juillet 2018, mais l’érection des bâtiments a débuté en septembre de la même année et « si la tendance se maintient, tout devrait être terminé à la fin de février ou au début du mois de mars », prévoit M. Simard. Ce dernier estime le montant total des travaux à près de 4 millions de dollars. Les nouveaux édifices auront approximativement les mêmes dimensions que les anciens et accueilleront le même nombre de bêtes, soit environ 200 bêtes.

Avant d’opérer cependant, il faudra regarnir le cheptel dont il ne reste que quelques survivantes de la tragédie.

Des vaches ontariennes ou même américaines

La reconstruction des bâtiments de la Ferme du Gouffre détruit dans l’incendie du 7 juin est sur le point d’être complété (voir autre texte). Avant d’opérer cependant, il faudra regarnir le cheptel dont il ne reste que quelques survivantes de la tragédie.

Pour bénéficier d’un choix intéressant d’animaux, Nicol Simard devra aller se procurer des vaches laitières en Ontario ou même aux États-Unis. « Au Québec, il y a quelques producteurs qui m’ont offert de leur acheter des vaches, mais ce sont des vaches habituées à être attachées toute la journée et si je les emmène dans mon étable dans laquelle elles se promèneront librement, je risque d’avoir des problèmes. Ce ne sont pas toutes les vaches qui s’adaptent bien à cette façon de faire. Aux États-Unis, ça fait presque une trentaine d’années que ce système-là existe et les animaux sont habitués », explique Nicol Simard. « Je vais aussi avoir plus de choix. Il y a des entreprises agricoles de plus de 3 000 vaches laitières là-bas où je peux sélectionner mes bêtes à partir des données informatiques de chaque animal », ajoute-t-il.

M. Simard devra acheter près de 150 bêtes pour compléter la trentaine de génisses et les quelques survivantes de l’incendie qui ont déjà élu domicile dans les nouveaux bâtiments.

 

 

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Jean Moreau

Vous êtes courageux et vaillants. On vous souhaite toute la chance nécessaire.