Une histoire d’adoption et de règles fauniques

Par 12:00 AM - 02 avril 2014
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Est-il permis de prendre soin d’un jeune cerf de Virginie en détresse? Retour sur une histoire d’amour entre une famille de Clermont et un faon et sur les règles qui régissent la faune québécoise.

L’adoption d’un jeune cerf de Virginie par un bon samaritain l’année dernière à Clermont donne lieu à quelques questions sur les lois qui encadrent la faune et les gestes permis par les citoyens. Dans un reportage vidéo diffusé via notre site Internet, le vidéaste de l’Hebdo Charlevoisien, Claude Boulet, raconte l’histoire d’une famille qui a recueilli un faon aux abords de son terrain. « Il avait une quinzaine de jours. Il était couché au même endroit depuis deux jours, dans mes cordes de bois. On en a pris soin », raconte Dominic Perron, un amant de la nature et chasseur qui avait l’intention de retourner la bête à son habitat naturel une fois ses premiers mois de vie passée.

« Il prenait du mieux et il a pris du poids. Les enfants s’y sont attachés », raconte le père d’adoption. « On l’a eu pendant huit mois. Il était trop apprivoisé, on pouvait plus le lâcher dans la nature. (…) Je savais qu’on n’avait pas le droit de le garder, mais je disais aux enfants qu’on irait le porter au printemps à la Ferme 5 étoiles à Sacré-Cœur. Mais les agents de la faune sont venus avant. »

M. Perron déplore l’attitude des agents de la faune dans cette histoire et trouve cavalière la façon dont ils sont débarqués avec un mandat et qu’ils ont critiqué l’enclos de cinq pieds par 15 pieds où séjournait l’animal le jour.  « Il y a du monde qui maltraite des chiens, mais nous, on n’a rien fait de mal. On lui a sauvé la vie, on l’a soigné », raconte M. Perron

Le lieutenant Michel Guay, du service de protection de la faune de Charlevoix, ne commente pas ce cas particulier, mais explique que le cerf de Virginie, tout comme l’orignal par exemple, est un « animal à déclaration obligatoire ». Ainsi, en garder un en captivité devient « une garde illégale » et passible d’amende.

Des lois et règlements qui sont en place « pour assurer la pérennité de la population », rappelle M. Guay. «C’est ainsi afin d’assurer un contrôle et le suivi des espèces. Ce sont des animaux qui peuvent avoir des parasites, des maladies, et c’est donc aussi des questions d’hygiènes, de sécurité et de conditions de vie pour l’animal. »

Que faire alors quand notre cœur s’emballe pour un animal sauvage en détresse? « C’est très humain de vouloir les aider. Mais souvent, les gens s’approchent de l’animal et le récupèrent immédiatement. C’est à ne pas faire. Un jeune orignal, par exemple, peut être laissé à un endroit par sa mère pendant une longue période. Quand on extrait un orignal de la forêt, il devient orphelin », explique M. Guay. Il faut plutôt laisser la nature suivre son cours, ou encore communiquer avec les agents de la faune en cas d’événements hors de l’ordinaire, comme cette fois où un jeune orignal s’est pris dans les glaces d’une rivière.

Dans le cas du faon de M. Perron, il poursuit sa vie au Zoo de Falardeau, l’un des endroits possédant les permis requis pour accueillir et garder des animaux sauvages. Pour voir le reportage vidéo, visitez le www.charlevoixendirect.com.

 

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