Jacques Desmeules : « Je ne pensais jamais me rendre aussi loin »

Jacques Desmeules : « Je ne pensais jamais me rendre aussi loin »

Denis Vézina et Jacques Desmeules

C’est un ultra-cycliste épuisé, mais fier qui est arrivé à Baie-Saint-Paul le vendredi 3 août après avoir roulé 512,6 km et s’être rendu jusqu’à Matane dans le Bas-Saint-Laurent, à son grand étonnement.

Par Gilles Fiset

« Quand j’ai vu la pancarte Matane 12 km, il me restait environ 20 minutes pour compléter mon 24 h. Je venais d’atteindre les 500 km et j’ai décidé que je devais me rendre à Matane. J’ai accéléré. Quand j’ai vu la pancarte qui indiquait que l’on était à Matane même, je suis venu avec les yeux dans l’eau », raconte Jacques Desmeules qui doutait de se rendre aussi loin. « J’avais des doutes pour me rendre jusqu’à 500 km parce que je savais ce que ça demandait et même encore faire 12 km de plus pour Matane, rendu-là, c’est très pénible. Quand je regardais sur la carte avant de partir, je me disais que déjà me rendre à Rimouski (100 km environ avant Matane), ce serait déjà un exploit », énonce Jacques Desmeules.

En plus de la distance écrasante à parcourir, Jacques a dû faire face à quelques orages, à la chaleur, à des routes en très mauvais état ou dangereuses parce que sans accotement et même aux piqûres de moustiques. « Quand je suis arrivé sur la Rive-Sud, il y avait de véritables nuages de mouches à traverser et elles s’accrochaient à moi et me piquaient. C’était pénible », relate l’athlète d’endurance extrême.

Jacques a battu son ancien record personnel d’un peu plus de 400 km en une journée durant ces 24 h de vélo. Il a été assis sur son vélo 19 h 51 minutes sur 24 h. Les 4 h 9 minutes sur ses pieds ont été utilisées pour recharger les piles de son GPS et de ses lampes, mais aussi pour manger plus substantiellement que sur son vélo. Il est parti de Baie-Saint-Paul vers Québec pour ensuite traverser sur la rive sud et continuer jusqu’à Matane.

Un ami impressionné et inquiet

Denis Vézina a accepté de suivre l’ultra-cycliste pendant les 24 h du périple à bord de la camionnette dans laquelle était empilé tout le matériel, dont un vélo de rechange. Une tâche plutôt ardue. « Je ne pensais pas que je serais capable de rester éveillé aussi longtemps. J’étais sûr que j’allais m’endormir au volant, mais finalement, tout a bien été », confie-t-il.

Il faut dire qu’en tant qu’ancien policier, ce n’était pas la première fois que Denis escortait quelqu’un. « Ça m’a rappelé de vieux souvenirs. J’en ai escorté des gens comme ça pour les protéger sur la route. Il faut avoir des yeux tout le tour de la tête dans ce temps-là », se rappelle-t-il.

Denis n’était pas continuellement en arrière de son cycliste. « Quand il faisait jour, je passais à côté et j’allais l’attendre un peu plus loin jusqu’à ce qu’il me rattrape. Quand la noirceur tombait, là je me plaçais en arrière, sur l’accotement, et je le suivais avec mes feux clignotants allumés », relate-t-il.

Au fur et à mesure que le temps s’écoulait et que la fatigue s’accumulait, le chauffeur de la camionnette était impressionné, mais aussi inquiet pour son ami. « Vers deux ou trois heures du matin, il n’y avait personne sur la route et là Jacques avait la route à lui tout seul et il pouvait y aller à fond. C’était beau et impressionnant de le voir rouler. Mais quand il prenait des pauses, je pensais qu’il allait s’écrouler, mais il repartait sur son vélo comme si de rien n’était. À la toute dernière pause, je voyais qu’il était complètement brûlé, mais comme il n’en restait pas beaucoup à faire, il est monté sur son vélo avec un regain d’énergie », raconte-t-il.

L’an prochain

« L’an prochain, je vais prendre une autre direction. Je veux changer de parcours chaque année. Probablement que je me dirigerai vers Trois-Rivières ou Shawanigan », affirme Jacques Desmeules en ajoutant que pour l’instant il « savourait la réussite de son 24 h ».

Grâce à son exploit, Jacques Desmeules a réussi à amasser près de 25 000 $ pour sa fondation. Celle-ci a comme mandat de venir en aide aux personnes ayant des limitations physiques ou intellectuelles.

Jacques Desmeules était complètement exténué, mais très fier de son exploit à son arrivée à Baie-Saint-Paul vendredi en après-midi. Denis Vézina, à gauche, l’a accompagné au volant d’une camionnette tout le long du périple pour lui donner aide et support.

Comme son bras en témoigne, l’ultra-cycliste charlevoisien a eu affaire à des nuées de mouches en arrivant sur la rive-Sud. Photo : Denis Vézina