Les échecs et la réussite

Par Emelie Bernier 4:00 PM - 20 décembre 2021
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Photo Clément Rondeau

Avez-vous vu Le jeu de la dame, cette splendide série sur Netflix qui tourne autour du très sélect monde des échecs, à une époque où les femmes n’y avaient à peu près pas accès ? Filmée comme une œuvre d’art, l’adaptation du roman de Walter Tevis The Queen’s Gambit a ranimé l’intérêt pour ce jeu séculaire jusqu’à l’École secondaire du Plateau où un jeune club d’échecs vient de vivre son premier tournoi « international »!

Les premières traces du jeu d’échecs datent du Xe siècle. Mais selon une source officielle ( merci Wikipédia), le jeu serait un dérivé du chatrang perse, lui-même inspiré du chaturanga indien où éléphants, cavaliers, chars et fantassins s’affrontaient sur un damier…

Mettons un terme à cette brève leçon d’histoire et revenons à La Malbaie et à la genèse du premier club d’échecs de la « poly du Plateau »…   C’est là qu’entre en scène le prof de math/sciences David Bergeron, un amateur d’échecs.

David Bergeron. (Toutes les photos sont une courtoisie de Clément Rondeau.)

«Je jouais avec quelques amis profs et quelques élèves de façon informelle depuis quelques années.  En 2020, l’idée de former un club me trottait me trottait de plus en plus dans la tête», résume-t-il.  Mais la pandémie, encore elle,  est venue contrecarrer le projet. À la rentrée, en septembre, le momentum était enfin là. Le club a été officiellement fondé et la réponse des élèves l’a surpris.

«On a une trentaine de membres, des jeunes qui avaient déjà joué, d’autres pas, des élèves de secondaire un et deux surtout, mais quelques plus vieux. Les jeunes ont beaucoup écouté Le jeu de la dame, ça a créé un engouement! », indique le prof.

Deux midis par cycle de neuf jours, les jeunes se réunissent et déploient leurs stratégies, faisant danser reine, roi, tours, cavaliers et autres pions sur le damier.   

Avec le support de la direction, David a fait l’acquisition de jeux et d’horloges pour minuter les échanges. David et quelques amis profs s’impliquent et partagent leurs trucs et stratégies. L’intérêt des joueurs ne se dément pas. « Ils ont la piqûre! »

Au-delà du jeu, le club, offert en activité parascolaire, est une belle occasion de créer des liens. «Il y a des jeunes de différents groupes, de différents cercles d’amis. Parmi eux, il y en a qui sont du genre à ne pas prendre beaucoup de place. Aux échecs,  tout le monde se respecte. C’est un jeu où il y a de belles valeurs! Et le fait de connaître un jeu en commun crée un cercle de connivence! Ils se reconnaissent entre joueurs», constate David Bergeron, fier de sa « gang ».

Au-delà de cet aspect social, les bienfaits du jeu semblent infinis.  La mémoire à long terme, la mémoire à court terme et la concentration en bénéficient de façon spectaculaire, selon les études. « The New England Journal of Medicine » a constaté que les personnes de plus de 75 ans qui s’adonnent à des jeux cérébraux comme les échecs sont moins susceptibles de développer la démence ou la maladie d’Alzheimer. Chez les plus jeunes, les échecs peuvent aider à atténuer les symptômes de l’hyperactivité et stimulent la croissance de dendrites, qui améliorent la communication neuronale.

Une étude menée auprès de 4 000 étudiants vénézuéliens a mené à la conclusion que le jeu conduisait à une hausse significative dans les scores de QI des ados après seulement quatre mois de pratique. Jouer aux échecs stimule également la créativité, puisque le jeu active tant le côté droit que le côté gauche du cerveau.  Parce que le jeu implique la pensée stratégique et critique, il contribue à promouvoir le développement du cortex préfrontal, grand responsable de la maturité. Qui sait, jouer aux échecs pourrait même éviter aux ados de faire de grosses niaiseries!

Photos courtoisie
Clément Rondeau

Le premier tournoi international d’échec de l’École secondaire du Plateau a couronné ses gagnants le 8 décembre. Durant un avant midi complet, les joueurs se sont affrontés entre les murs de la bibliothèque. « J’avais envie de faire un vrai tournoi avec des règlements, une minuterie, un horaire, un tableau officiel des résultats, des médailles pour les gagnants, des certificats pour tous les participants… »  Et une finale captivante où on aurait pu entendre une mouche voler.

Pour donner une petite twist « classe » aux finales, David a prêté son jeu d’échecs personnel.  

« Chaque joueur a joué 3 fois minimum. Tout le monde a pris ça au sérieux! C’était vraiment beau à voir… Les jeunes se donnaient la main, ne se fâchaient pas quand ils perdaient… L’ambiance était vraiment incroyable! », se réjouit David qui a eu l’aide de quelques amis profs, ce qu’il tient à souligner. Julien Girard, Jaquis Gagnon et Marc-André Bergeron ont tous été des joueurs clés dans l’organisation. Le prof photographe Clément Rondeau a immortalisé le tournoi sous tous les angles.

Et l’aventure se poursuit!

« Ça nous a mis sur la piste pour plein de choses. On aimerait faire un tournoi parent/enfant. Il y aura sûrement un autre tournoi pour les membres du club en avril. Pourquoi ne pas faire des tournois ailleurs, accueillir un tournoi de plusieurs écoles ici ? Une amie va nous faire un logo pour qu’on puisse faire des chandails! On aimerait se trouver un slogan. Tout ça contribue à créer un sentiment d’appartenance », croit fermement le prof joueur d’échecs.

Et qui dit « sentiment d’appartenance à l’école » évoque fortement « réussite scolaire »…

Les résultats du tournoi

Les résutlats

Tournoi principal :

1e place: Raphaël Roberge

2e place: Édouard Lavoie-Lépine

3e place: Alexia Gagné

3e place: Léo-Lou Boulianne

Tournoi consolation:

1e place: Félix Bergeron

2e place: Sandrine Forgues

Félicitations à tous joueurs et continuez de prendre bien soin de votre cortex préfrontal dans le plaisir!

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