Chronique d’Erika Soucy: Femmes de région

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Par Erika Soucy
Chronique d’Erika Soucy: Femmes de région
Ce cliché fait partie des paysages du livre de Jean-Pierre Lapointe. (Photo : Archives)

J’ai envie de rendre hommage aux femmes de chez nous. Il y aurait mille façons de le faire c’est pour cela que cette chronique ne sera pas parfaite. J’oublierai des cas de figure et ferai des généralités, même si je ne veux pas réduire personne à une simple étiquette. Pour moi, être une «femme de région » est synonyme de forcé, mais toutes ne s’identifient pas à leur région d’origine et c’est très bien ainsi. Je réclame toutefois le droit d’écrire cette chronique imparfaite.

Vous le savez, je reviens tout juste d’un séjour par chez nous. J’ai passé des moments de qualité avec beaucoup de gens, mais je dois dire que j’ai surtout eu la chance d’échanger avec des femmes et chaque fois, c’était enrichissant.

En l’espace de quelques jours, j’ai fait la connaissance de femmes, de filles, de mères, de sœurs, de blondes toutes très différentes certes, mais qui, au premier contact, ont fait ressurgir chez moi
un profond sentiment d’appartenance.

Quand je vous parle mesdames, c’est mon histoire que j’entends; celle d’une fillette maladroite qui a su faire, avec les citrons de la vie, une pas pire limonade. Vous le savez, on parle plus souvent des hommes pourvoyeurs qui travaillent fort et se sacrifient pour leur famille. Sans leur enlever ce qui leur revient, célébrons un peu votre cœur à l’ouvrage et votre travail de l’ombre, celui qu’on ne compte pas toujours, mais qui se passe à la maison entre quatre murs, au détour d’un stationnement entre l’épicerie et la pharmacie, à l’école de vos enfants ou simplement au creux de vos bras à consoler vos proches et leur donner un sentiment de sécurité qu’ils peuvent perdre si facilement quand un contrat de travail n’est pas renouvelé ou que la maladie frappe sans s’annoncer.

Les « femmes de région » pour moi, ce sont des piliers, des gestionnaires, des entrepreneuses, des meneuses, des militantes, des entêtées, des obstineuses pis hosto ! que ça fait du bien !

Les «femmes de région», elles ont du front et c’est  porteur de renouveau. On les appelle «pas barrées», «tom boy», «one of the boys» quand elles chaussent bottes et casques de construction; et même si ça se veut un compliment, elles n’ont pas besoin de «boys» pour faire partie de la gang. Elles peuvent être fortes, drôles et cool partout où elles passent. Les «femmes de région», elles sont l’avenir et nous avons tout à apprendre d’elles.

Regardons-les aller et menons nos projets comme elles mènent leur quotidien, puisqu’il faudra un jour trouver d’autres solutions à la construction des barrages et l’exploitation minière.

Regardons-les aller et écoutons leurs doléances; quand elles s’enragent pour les droits de leurs semblables, quand elles réclament des services de santé, quand elles militent pour l’égalité des sexes, quand elles réunissent blanches et innues ensemble, quand elles démarrent une entreprise, quand elles vous représentent au gouvernement, quand elles enseignent, quand elles soignent, quand elles peinent à joindre les deux bouts et sont trop fatiguées pour s’impliquer davantage…

Chaque parcours est unique, mais les «femmes de régión » ont toutes un point commun : celui d’être mauditement inspirantes !

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