Échanger avec vous

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Par Erika Soucy

Chères lectrices, chers lecteurs, j’arrive dans ces pages suite à l’invitation de l’éditeur de votre Charlevoisien, monsieur Sylvain Desmeules. C’est que depuis novembre dernier, je publie des chroniques dans l’hebdomadaire de ma région d’origine, le Journal Haute-Côte-Nord, et si je me fie aux belles et emballantes invitations que j’ai reçues récemment à titre d’écrivaine par chez nous, je crois que le lectorat du HCN ne déteste pas ma contribution!

Cet automne, j’aurai le bonheur de visiter ma région à au moins quatre reprises pour le travail. Ça peut sembler peu pour certains, mais pour l’auteure que je suis, je vous assure que c’est ÉNORME! Je suis privilégiée d’être ainsi invitée à rencontrer mes lecteurs.

J’utilise le mot «rencontrer», mais ce que je souhaite réellement faire, c’est échanger.

Lorsque j’ai commencé à écrire dans le Journal Haute-Côte-Nord, j’ai reçu quelques courriels de gens me souhaitant bonne chance, espérant que je ne sois pas trop écorchée par les commentaires hargneux de certains lecteurs mécontents. J’ai remercié les auteurs de ces messages en espérant effectivement que tout se passe bien et que je n’aie pas trop de haine à gérer.
Je ne sais pas si je suis bénie ou trop gentille, mais en dehors des «likes» et des commentaires flatteurs, j’ai reçu deux courriels constructifs et j’ai pu lire un ou deux commentaires négatifs sur Facebook, sans plus. Je ne m’en plains pas, au contraire! Mais je dois avouer que je m’attendais à devoir justifier mes positions davantage… Comme la fois où j’ai répondu à un certain Bernard Gauthier sur les réseaux sociaux, après son passage à Tout le monde en parle.

Mais vous savez quoi? Échanger autour d’un désaccord, respectueusement et avec un minimum de politesse, je trouve ça extrêmement formateur. Je suis capable de nommer des moments dans ma vie où des échanges de ce genre, et même des critiques, qui ont formé l’artiste que je suis. Ces commentaires m’ont fait prendre conscience de mes lacunes, m’ont «mis le nez dans mon caca» et c’est très bien ainsi! Je suis retournée faire mes devoirs et j’ai appris. Admettre ses erreurs n’est pas un signe de faiblesse, mais de force de caractère. Quand on vous tend un micro, qu’on s’intéresse à votre opinion, le reste de votre job après avoir pondu votre chronique, c’est d’écouter les autres qui ont envie de prendre part, respectueusement, au débat. J’insiste sur le respect puisque personne n’a le goût de répondre à un troll qui vous apostrophe à coup d’injures, on s’entend là-dessus.

Mais la violence des échanges ne se traduit pas seulement par des «câlice d’innocente!» pis des «tabarnac de grosse épaisse!». La fermeture d’esprit et l’incapacité de communiquer sont aussi souvent mises en place par le mépris de gens éduqués qui maîtrisent l’art de la parole. Sur papier, je fais partie de cette seconde catégorie: j’ai fait des études supérieures, je publie des livres, quand je pète ça sent les fleurs… Non, ça, c’est juste dans ma tête. Là où je décroche, c’est quand on ne prend pas un commentaire au sérieux parce que le destinateur fait des fautes ou manque de vocabulaire pour s’exprimer. Une bonne maîtrise du français écrit est un privilège social qui n’est pas à la portée de tout le monde. La voix de ce destinateur demeure sincère et mérite d’être entendue, avec fautes d’orthographe ou non. Rire de quelqu’un parce qu’il est poche en français fait aussi partie des attaques personnelles qui ralentissent le groupe.

Tout ça pour dire que je serais honorée de vous lire, chères lectrices et lecteurs! Je ne m’attends pas à être flattée dans le sens du poil; «on est ben ouverts à vos commentaires» comme dirait l’autre! Je prends aussi les suggestions de sujets qui pourraient vous intéresser.

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