« Make America Greta again »

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Par Émélie Bernier
« Make America Greta again »
Source : Instagram Greta Thunberg

 

Make America, and the world, Greta. Tout court. Parce qu’elle en a du culot, la Greta. Elle dit tout haut ce que les scientifiques écrivent en long et en large, preuves et arguments béton à l’appui. Lâche pas, Greta. On est de plus en plus nombreux à t’entendre. Reste plus qu’à t’écouter.

 

Force est de constater qu’une certaine frange (pour ne pas dire fange) de la société préfère la tourner en ridicule, se moquer de ses nattes, de son front de bœuf, de son TSA (trouble du spectre de l’autisme), de ses émotions, qui la submergent parfois,  comme un tsunami, un ouragan, un raz-de-marée.  Et alors ? Pourquoi ressent-on autant le besoin de l’attaquer ? Elle a 16 ans, ciboire. Elle choisit de ne pas passer sa vie sur Snapchat et IG, elle choisit de ne pas s’en foutre, elle choisit de s’engager. Elle mérite à tout le moins notre respect.

Mais elle dérange tant qu’on se permet de la dénigrer. Dans ce cas comme dans bien d’autres, le dénigrement est l’arme des faibles.

Elle dérange, Greta, et c’est tant mieux.   Moi, je lui lève mon chapeau, à cette jeune fille surprenante et audacieuse, à cette jeune fille articulée, à cette jeune fille fâchée. Et qui a totalement raison de l’être.

Climat d’incertitude

De quoi sera fait demain ? On ne le sait pas, mais il fera chaud, si on en croit les prédictions des scientifiques qui ne cessent de sonner l’alarme, mais qui prêchent trop souvent dans le désert.

Parlant de désert, les populations qui vivent en périphérie de ceux-ci seront certes plus affectées que vous et moi par les damnés changements climatiques qui crinquent Greta.  Dans notre bulle de climat modéré où on rêve d’hivers moins rudes et d’étés qui s’étirent, il est facile d’éluder la question du réchauffement, de s’en moquer un peu, même !  Il suffit d’un peu de mauvaise foi, de détourner le regard, de prêter l’oreille a ceux qui serinent que l’Homme n’a rien à voir avec la crise climatique…   Mais gare à Greta ! Si vous pensiez pouvoir vous en sortir comme ça…

500 000 personnes à Montréal. Des millions de par le monde. Si elle ne galvanise pas les foules, qui le fera ? Lâche pas, Greta. N’écoutes pas les cons qui aimeraient tellement mieux que tu te taises.

Un éléphant se mange une bouchée à la fois

Comme Sisyphe devant sa montagne, je m’apprête à pousser ma roche jusqu’au sommet avant de la laisser dégringoler et de la repousser, de nouveau, semaine après semaine. Jusqu’au sommet ? Hum, je n’ai pas cette prétention. Un petit plateau entre ici et là haut. Une prise dans le roc. Une tentative d’arriver quelque part tout en sachant très bien qu’on n’est jamais au bout du chemin.

Chaque début de saison de chronique me met dans cet état de « Sisyphe », cette impression que la tâche me dépasse, que je ne serai pas à la hauteur cette fois-ci. Que j’ai perdu la main, la « twist », le swing que ça prend pour écrire une chronique intéressante, puis 2, 5, 10, 20, 40 !

Mais il y a des choses qui m’inspirent, qui me titillent les antennes, qui m’exaspèrent assez pour me donner le souffle de ces 650, 700, 800 mots à pondre… Comme Marco Pilotto, la semaine passée. Quand je me fais porte-parole de gens inspirants comme lui, ça va tout seul. Le plus dur est de freiner l’envolée, de circonscrire le propos. Avec l’histoire de Marco, j’aurais eu le souffle pour écrire un livre ! Et ce qui me touche le plus dans tout ça ? Il a reçu un  coup de fil, celui d’une maman dont le fils vient de devenir « tétra ». « On pourrait se rencontrer, dit ? Me semble que ça aiderait mon gars de voir un « assis » comme lui qui aime la vie, qui la dévore, même ». Ô que dans ces moments-là, je me dis que ma « job » n’est pas vaine.

Et que dire de la tienne, Greta Thunberg !

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