L’importance de la nouvelle « locale »

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Par Francis Savard-Leduc
L’importance de la nouvelle « locale »

 

Nous sous-estimons parfois l’importance et la fragilité d’éléments qui font partie de nos quotidiens. Nos médias régionaux sont d’une richesse inestimable et il serait une grave erreur, dans la foulée de ce qui arrive à Groupe Capitale Médias, de négliger ces derniers. Si vous lisez ces lignes en ce moment, vous saisissez sûrement une partie du message. Chaque semaine, des gens  se donnent corps et âme afin de remplir les pages des  quotidiens avec du contenu local de qualité. S’il est souvent moins «glamour» que les feux de forêts en Amazonie et les tensions avec la Chine, ce contenu local n’en reste pas moins essentiel à la vie régionale et sa démocratie. Nous avons la chance dans Charlevoix d’avoir de solides institutions journalistiques ainsi qu’une présence  appréciable sur le web, tout en attirant une masse critique afin d’assurer sa survie.  Elles sont si ancrées dans nos  quotidiens, dans un créneau négligé par les grandes antennes, que nous avons parfois tendance à les oublier. J’avoue moi aussi être coupable d’avoir négligé pendant des années l’importance de ces derniers: lorsque l’on est passionné par l’économie et la politique, il se passe tellement d’évènements plus «importants» ailleurs. Il m’aura fallu prendre un peu de maturité et une aventure d’un été dans les pages de cet hebdomadaire pour réaliser à quel point ces derniers étaient toujours importants à l’ère Facebook et Twitter.

Alors que des institutions comme Le Soleil (qui l’eût cru?) flirtent dangereusement avec le gouffre, que des géants comme La Presse s’organisent en organisme à but non lucratif, ce sont les coutures de notre tissu social qui lancent un cri d’alerte. Il ne s’agit pas ici seulement d’emplois et d’économie:  il est question d’accessibilité  à l’information et de la cohérence intrarégionale qui résulte de celle-ci.

Ne nous faisons pas de cachotteries: il est plutôt rare que Charlevoix fasse la une des grands quotidiens. Imaginez à quel point il serait compliqué de faire un choix pour un député lors des  élections si nos candidats locaux n’avaient pas de  couverture directe, et ce, tant au fédéral qu’au municipal. Des dossiers comme ceux des hôpitaux seraient une arrière-pensée pour nos politiciens pour lesquels les médias ont une grande influence. Pour illustrer ce point, suffit de se tourner vers les radios privées de la ville de Québec. Si elles sont source d’opinions  parfois douteuses, elles auront tout de même convaincu nos décideurs, à l’encontre même des spécialistes en génie civil, de construire un pont.

Pour nos journaux papier, si le virage numérique fut un succès pour certains grands joueurs aux États-Unis, il fut un échec au Québec. Par exemple, La Presse+, aussi ambitieuse et exemplaire soit-elle, n’a pas donné les résultats lucratifs escomptés. La rentabilité à l’ère du web est difficile à atteindre et il n’y a pas de solutions miracles.

Récemment, le mouvement #JeSoutiensMonJournal (auquel vous êtes invités à participer sur Facebook en publiant une photo de  vous-même lisant le journal)  a su créer un certain engouement, en espérant que les réflexions mèneront à des solutions durables!

Ma dernière chronique

Pour ma part, il s’agissait ici de ma dernière chronique, puisque l’été tire maintenant à sa fin. J’espère avoir pu amener chez vous des réflexions intéressantes et vous faire voir la région d’un autre œil.

J’en profite pour remercier toute l’équipe du Charlevoisien pour cette opportunité. Occuper cette tribune, si elle fut pour moi une surprise, n’en fut pas moins un réel honneur.

À la prochaine tout monde!

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