Douze heures d’attente pour lire un TACO

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Par Karine Dufour-Cauchon
Douze heures d’attente pour lire un TACO
Plus de 12 heures d'attentes pour une patiente de l'Hôpital de La Malbaie. (Photo : Archives)

La couverture du service de radiologie à distance a posé problème à une patiente de l’Hôpital de La Malbaie, le 27 août. Marie-Christine Savard raconte la nuit où aucun radiologiste de la Capitale-Nationale n’a pu lire son TACO, retardant ainsi le traitement de sa douloureuse pancréatite.

Éprouvant des douleurs extrêmes au ventre, Marie-Christine Savard s’est présentée à l’Hôpital de La Malbaie, le soir du 27 août. « J’ai été triée plutôt rapidement et cotée assez urgente. Au début, le personnel croyait à une crise d’appendicite. Ils m’ont donc fait passer un TACO (Tomographie axiale calculée par ordinateur), une technique d’imagerie qui consiste à produire des images des organes dans le corps. Ils ont envoyé l’image à la garde à distance pour qu’elle soit lue », explique Mme Savard.

Plus le temps passait, plus la patiente s’inquiétait. « Je n’arrêtais pas de demander aux infirmières ce que j’avais. J’avais vraiment mal. Elles ne pouvaient pas me répondre, ni le médecin, puisqu’on attendait les résultats du TACO. Je me demandais si j’allais mourir tellement ça me faisait mal. Le personnel a été vraiment rassurant malgré tout », poursuit-elle.

La garde à distance n’était pas capable de lire le TACO. « Le médecin a appelé sur une liste de rappel de radiologistes, mais personne n’a répondu à l’appel. Le médecin était découragé. Il n’était pas capable de livrer un service de base », déplore Jérémie Paquet, son conjoint présent à son chevet.

Le médecin de garde, dont l’identité ne sera pas dévoilée, a vivement déploré la situation. « Le médecin nous a dit qu’il se sentait comme s’il était en train de retourner à l’âge de pierre. Il ne pouvait même pas exercer son métier et se sentait vraiment impuissant, dans l’attente d’une confirmation d’une crise d’appendicite. Si c’était le cas, on perdait du temps précieux pour procéder à une chirurgie d’urgence », poursuit Jérémie Paquet.

« Après 12 heures d’attente, le TACO a révélé que tout était beau au niveau de l’appendice. Cela veut dire que je ne faisais pas de crise. Si on avait eu la confirmation plus tôt, on aurait procédé
à d’autres examens», a soutenu Mme Savard, qui a finalement été diagnostiquée d’une pancréatite.

La Malbaie vulnérable

« Quand ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas capables de lire son test, je me suis posé des questions. Je me dis que nous étions dans un hôpital et qu’il ne peut même pas être fonctionnel! Nous payons des impôts! Comprenez que nous ne blâmons en aucun cas le personnel sur place. Ils étaient de vraies perles. C’est le système que l’on trouve déplorable », a commenté M. Paquet.

« Le médecin est revenu le matin, même s’il ne travaillait plus. Il est venu s’excuser en personne, au nom de son employeur, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale. Il a dit que c’était inhumain de faire cela à des patients », a conclu Marie-Christine Savard.

Une plainte est déposée

Le couple a déposé une plainte au Commissaire des plaintes du CIUSSS. Questionnée sur le sujet, l’organisation a argué que l’origine du problème était d’ordre informatique.

« Le 27 août dernier, un problème informatique concernant la connexion des équipements radiologiques à distance avec le spécialiste de garde est survenu, ce qui a occasionné un délai d’attente pour la lecture des résultats. Nous sommes désolés des inconvénients que cette situation a pu causer.  Dès le lendemain, le problème a été réglé et des mesures correctives ont été mises en place », a commenté Mélanie Otis, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

« Par ailleurs, en tout temps, si l’équipe médicale juge que l’état de santé d’un usager nécessite une intervention prioritaire ou urgente, elle peut solliciter la collaboration d’un radiologiste de garde d’un autre établissement ou encore procéder à un transfert vers un établissement de Québec », ajoute-t-elle sans émettre davantage de commentaires.

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