Le donateur des Bourses Charlevoix sort de l’ombre

Par Emelie Bernier 12:00 PM - 30 janvier 2019 Initiative de journalisme local
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Serge Gagnon

Pendant 20 ans, Serge Gagnon a versé 5000$ par an de façon anonyme à la Fondation de l’Université Laval. À une condition : ces dons devaient cependant être remis sous forme de bourse à des étudiants de Charlevoix afin de les supporter durant leur parcours académique.

«Je ne suis pas riche. Mes parents étant de modeste condition, je n’ai pas reçu d’argent de famille. Cependant, des échanges avec la Fondation de l’Université Laval m’ont convaincu de donner 5 000$ annuellement aussi longtemps que je pourrais le faire. Comme j’ai des obligations en tant qu’époux et parent, je suis parvenu à concilier les dons hors famille et la solidarité naturelle qui unit les proches. Ce fut un exercice de haut vol », explique l’homme qui a exercé la profession d’historien dans l’enseignement et la recherche.

Le choix de diriger son aide vers les jeunes issus de Charlevoix n’est pas fortuit. M. Gagnon y a résidé jusqu’en 1956 avant de quitter la région et s’accomplir professionnellement via des études doctorales à l’Université Laval et des postes à l’Université d’Ottawa d’abord puis à celle de Trois-Rivières jusqu’à sa retraite il y a quelques années.
Étudiant, il a lui-même bénéficié de l’aide financière de donateurs, notamment des bourses d’excellence décernées par le gouvernement du Québec et le Prêt d’honneur de La Malbaie, un organisme fondé au tout début des années soixante et financé par les bénéfices de la vente de la bière.

«On m’a beaucoup aidé et je me sentais redevable. Comme je suis toujours demeuré catholique, j’ai choisi suivre la tradition religieuse du don anonyme par rapport à la philanthropie qui encourage à faire étalage de sa générosité pour encourager les autres à en faire autant », explique M. Gagnon.

Chacun des bénéficiaires de ses dons lui a écrit une lettre de remerciement, sans savoir pourtant à qui il l’adressait. M. Gagnon les conserve précieusement.

On a remis à M. Gagnon la médaille du Grand Chevalier du Cercle de la Rectrice, privilège remis aux donateurs de 100 000$. «Avec les retours d’impôt, on parle d’un peu moins de 60 000$ », corrige-t-il humblement.
Son désir le plus cher était d’alléger le fardeau des jeunes étudiants qui devaient s’exiler en ville pour la poursuite de leur formation. «Il n’y a rien de pire que d’être éreinté par des dettes d’études au moment où se manifeste le désir de fonder une famille», conclut-il.

Serge Gagnon est aussi un auteur prolifique. Outre une centaine d’articles publiés au fil des ans, il a signé une quinzaine d’ouvrages dont son autobiographie Destin clandestin (Presses de l’Université Laval, 2016).

 

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