Journées régionales sur le suicide et les aînés: les aînés ne sont pas à l’abri du suicide

Par Emelie Bernier 19 avril 2012
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Chaque année,  en moyenne 136 Québécois âgés de plus 65 ans mettent fin à leurs jours. Le taux de suicide chez les aînés, s’il demeure relativement peu élevé, est tout de même préoccupant. Et le vieillissement annoncé de la population impose une action concertée en amont.

 

Les premières Journées régionales sur le suicide et les aînés ont été l’occasion pour les intervenants de la grande région de Québec de se questionner sur les stratégies à mettre de l’avant pour prévenir le suicide chez les personnes âgées. « L’objectif des Journées est de recadrer cette réalité, parce qu’il y a eu une tendance, dans les médias, à affirmer que c’était très alarmant. Certains intégraient les 50 ans et plus dans le calcul, ce qui faussait les données. En fait, il s’agit du 2e taux le plus bas par tranche d’âge,  mais il faut quand même y porter attention», croit Renée Claude Laroche, directrice générale du Centre de prévention du suicide de Charlevoix.

 

La situation risque cependant de s’alourdir, si on se fie à une courbe démographique qui affecte particulièrement  Charlevoix. « Le vieillissement est réel et accentué dans Charlevoix. Si la tendance se maintient, en 2031, la population aînée aura doublé et la  région va connaître une forte décroissance chez les 18-64 ans, soit la tranche de population active qui peut supporter les besoins des aînés. Il faut d’ores et déjà prévenir ce qui s’en vient pour éviter de voir le suicide chez les aînés prendre de l’ampleur », de poursuivre Mme Laroche.

Parmi les pistes suggérées lors des Journées, une initiative de L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), on note la mise en place de facteurs de protection. «Il faut d’abord repérer les personnes en détresse.

 

La demande d’aide ne vient pas de la part des aînés, ce n’est pas dans leur culture de demander de l’aide. Un des leviers, c’est d’outiller les personnes qui oeuvrent auprès de cette clientèle pour qu’elles puissent détecter les signaux de détresse », croit Mme Laroche. Les intervenants observent aussi un alourdissement des problématiques de santé mentale, comme la dépression. « Le diagnostic de la dépression chez les aînés est important, sinon on ne peut pas offrir de traitements médical ou psychosocial. Le dépistage est primordial », de poursuivre Mme Laroche.

 

Le centre de prévention du suicide de Charlevoix jongle avec l’idée d’organiser une journée satellite locale pour discuter de la question et concerter les efforts. «La participation de Charlevoix aux Journées régionales n’était pas très grande. Une journée sur la même thématique, en fonction de notre réalité, pourrait nous permettre de mieux attacher nos collaborations. Charlevoix a une culture de concertation beaucoup plus avancée que dans la région de Québec, mais on a besoin d’aller plus sur le terrain pour regarder les leviers de prévention et mieux outiller les intervenants de première ligne », conclut-elle.

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