L'Église ferme ses portes à la grippe A

Par Emelie Bernier 29 septembre 2009
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Exit, l’eau des bénitiers! Finies aussi, les poignées de main de la paix. En ces temps de pandémie grippale, même les traditions liturgiques en prennent pour leur rhume!

 

Depuis quelques semaines,  la plupart des bénitiers du comté ont été vidés de leur eau. L’échange de paix est aussi proscrit dans sa forme habituelle, soit la poignée de main échangée en fin de messe. Les paroissiens sont plutôt invités à se donner une petite tape sur l’épaule ou  à se saluer verbalement.

 

Ne lésinant pas sur la prévention, le diocèse de Québec a décidé de recommander fortement de modifier certaines « habitudes liturgiques » jugées risquées en cas de pandémie.  Parmi les demandes du diocèse, certaines échapperont peut-être aux pratiquants, comme la communion par intinction (qui implique que seul le célébrant principal boive au calice), mais plusieurs demanderont un effort d’adaptation de leur part.

 

Le vicaire Allard ne peut que constater que les bénitiers sont vides, à l’église de Baie-SAint-Paul.

 

«Ce sont des gestes personnels, des habitudes à modifier. Certains communiants veulent absolument qu’on dépose l’hostie sur leur langue et nous acceptons encore, jusqu’à ce que les risques deviennent trop présents», d’expliquer Bruno Allard, vicaire de l’unité pastorale Monts et Merveilles qui englobe six paroisses.

Pour le vicaire, la « distance sociale » prescrite est la partie la plus difficile à définir. « Nous ne donnons plus la main à l’entrée de la messe. Si les gens y tiennent, on peut le faire à la sortie. On va installer un distributeur de nettoyant antibactérien, mais pour l’instant, il n’y en a plus sur le marché. On a le devoir d’être plus rigide, mais dès que les risques seront passés, on remettra l’eau dans les bénitiers », indique M. Allard. On a jugé bon d’inscrire dans le feuillet paroissial les recommandations du diocèse pour que les paroissiens puissent s’y adapter.

 

 Du côté de l’unité pastorale de Charlevoix-Est, l’abbé Denis Grondin abonde dans le même sens. « C’est de la prévention, l’église est un lieu de rassemblement, il importe d’être prudent. Les gens comprennent bien et on leur offre de venir chercher de l’eau bénite pour l’apporter chez eux. On recommande aussi aux gens très malades de rester à la maison où des ministres peuvent leur apporter  l’eucharistie », explique l’abbé Grondin. C’est la première fois qu’il assiste à ce genre de recommandation de la part du diocèse. 

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