Internet à deux vitesses à Saint-Irénée

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Par Emelie Bernier
Internet à deux vitesses à Saint-Irénée

Récemment, Marie-Paule Goulet a mis trois heures à télécharger un logiciel pour remplir sa déclaration de revenus en ligne. Son voisin, dont la maison n’est qu’à 500 mètres de la sienne, pourra normalement dès mercredi le faire en quelques secondes. Pour la résidante du Ruisseau-Jureux, cette situation relève de l’absurde.
Depuis neuf ans, la dame qui habite depuis trois ans de façon permanente dans sa résidence de Saint-Irénée,  multiplie les démarches afin d’avoir accès à Internet haute vitesse. Bell, Vidéotron, Déry Télécom, la municipalité, tous ont entendu ses doléances, mais n’y ont pas donné suite. En fait, la dame vogue de promesses en promesses, mais sans impact réel au bout de la souris. «Je m’occupe de la résidence de tourisme d’un ami. Je reçois les demandes de réservation et je dois vérifier quotidiennement mes courriels. Envoyer un simple contrat word avec une minuscule photo prend une heure! Si je harcèle Bell, Déry Télécom et Vidéotron, ce n’est pas pour le plaisir! »
Afin d’éviter que sa ligne soit constamment occupée par ses communications via Internet, Marie-Paule Goulet a dû payer pour une deuxième ligne téléphonique.  Elle a aussi tâté le terrain du côté de l’accès Internet par satellite.  « On a regardé Xplornet, Xittel… Ce sont des coûts astronomiques! »
Ce qu’elle déplore avant tout, ce sont les incohérences qui font que d’une maison à l’autre, l’accès n’est pas le même. « Ce n’est pas normal que nous ayons à payer des prix de fous parce que ça a été mal géré au central téléphonique!  On  va installer un modem chez mon voisin, mais chez moi, il paraît que ma ligne ne le supporterait pas. »
La situation ne concerne pas que le Ruisseau-Jureux. Il semble que le tout jeune développpement municipal de Saint-Irénée aussi soit une « zone à deux vitesses ». « D’un bord et de l’autre de la route, certains ont IHV, certains ne l’ont pas», prétend Mme Goulet, témoignages à l’appui.
Marie-Paule Goulet croit qu’en 2009, l’accès à Internet haute vitesse n’est pas un luxe. « Ce n’est pas pour voir des vidéos sur You Tube! Je ne comprends pas qu’est-ce que ça leur prend pour nous brancher. On est à 100 kilomètres de Québec et on voit qu’en Gaspésie, ils ont quasiment réglé le problème partout. Est-ce qu’ils attendent qu’on aille aussi à La facture? (Ndlr: Un reportage à l’émission La Facture, diffusé le 2 octobre 2007, a donné un coup de fouet au branchement haute vitesse dans la péninsule gaspésienne.) Je demande des explications, des réponses et un échéancier. Personne ne veut me les donner. »

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