Traversée du Canada à vélo: un cycliste confronté aux véhicules lourds

Traversée du Canada à vélo: un cycliste confronté aux véhicules lourds

 

Après les chaleurs étouffantes et les vents violents de la Saskatchewan, Robert Demers a pris un peu de repos sur les routes du Manitoba avant d’affronter les périlleuses routes de l’Ontario où la principale difficulté n’est pas les nombreuses montées abruptes, mais… les poids lourds.

Par Gilles Fiset

Après les longues montées éreintantes des Rocheuses, les chaleurs et les vents extrêmes de la Saskatchewan, Robert Demers a enfin pu connaître des conditions idéales… au Manitoba. « On a retrouvé les Prairies que l’on nous avait décrites avant de partir. Des températures de 23 à 25 degrés Celsius et des vents qui soufflent d’ouest en est, de sorte que, même si on fait énormément de kilométrage dans une journée, le vent arrière nous pousse et c’est beaucoup moins fatigant », relate le septuagénaire.

Cependant, Robert est entré en Ontario il y a une dizaine de jours, la plus difficile section de la traversée du Canada, selon ce que les organisateurs du voyage lui avaient dit et aussi… la plus dangereuse. « On contourne le lac Supérieur et il y a beaucoup de montées abruptes. Mais vraiment le plus fatigant, ce sont les poids lourds. Il y en a qui font bien ça en faisant attention en nous doublant, mais lorsqu’ils rencontrent un autre poids lourd en sens inverse, ils ne peuvent plus s’écarter et c’est là qu’on les sent nous frôler le toupet. D’autres klaxonnent comme des fous en arrivant près de nous. Le message est clair : tasse toé de là ou… », relate le cycliste de Baie-Saint-Paul en ajoutant que quelques fois, il n’y a même pas d’accotement pour se ranger sur le côté. Le pauvre vélo est alors condamné à rouler « dans le champ » ou de risquer de se frotter à un de ces monstres dévalant la route à plus de 100 km/ h.

La situation a permis à Robert Demers de redécouvrir une pièce de son équipement : le miroir. Installé sur le guidon, il lui permet de voir venir « les monstres » et ainsi de prévoir s’il doit, ou non, se « garrocher » sur le côté, souvent dans la « garnotte ».

Pour le reste, Robert assure que son moral et son physique vont bien. Mais « il faut prendre les journées une à la fois. Si on se met à penser à toute la distance qu’il nous reste à parcourir, on se met à stresser et ça ne donne rien », confie-t-il.

Ce mercredi, notre cycliste devrait être rendu à Wawa à la fin de cette 38e journée de son périple qui en compte 52 au total. Plus que 14 jours avant la fin, l’arrivée à Montréal.

Jacques Demers, au centre, avec d’autres membres de son groupe de cyclotourisme en dessous du panneau annonçant leur entrée en Ontario. Photo gracieuseté

Un des poids lourds frôlant un cycliste. Ici cependant, il y a un accotement, ce qui n’est vraiment pas toujours le cas. Photo gracieuseté

Jacques Demers, troisième à partir de la gauche prend une pause avec plusieurs autres cyclistes qui l’accompagne lors de cette traversée du Canada.