Fibrotek courtisée par BMW, Mercedes et Bombardier

Fibrotek courtisée par BMW, Mercedes et Bombardier

L‘usine de Fibrotek à Clermont et ses employés. Photo gracieuseté

BMW, Bombardier et Mercedes pourraient intégrer des pièces fabriquées par les employés de Fibrotek.

La fibre de carbone, une spécialité de l’entreprise de Clermont, est de plus en plus en demande et l’entreprise est désormais courtisée par les grands noms de l’industrie du transport et de l’automobile.

La semaine dernière, le président de l’usine Fibrotek, Luc Tremblay, a rencontré les représentants de Mercedes et de Bombardier.

« Mercedes veut faire faire des pièces de voitures; pour Bombardier, ce serait pour des moules », explique M. Tremblay.

Il ajoute que pour l’instant, ils apprennent à se connaître, « mais que deux géants de la sorte viennent nous rencontrer en si peu de temps, c’est vraiment bon signe », confie-t-il.

« C’est que le marché de la fibre de carbone est en pleine expansion. Par exemple, on a rencontré les représentants de BMW aussi et d’ici 2030, il faut que les émissions (de carbone) soient coupées de moitié. Il y a deux façons de faire, soit trouver une autre source d’énergie ou réduire le poids du véhicule pour avoir des plus petits moteurs et garder les mêmes performances », explique le président de Fibrotek.

Les grands constructeurs veulent donc trouver un matériau léger et résistant pour remplacer l’acier, matériau omniprésent dans les véhicules automobiles, mais plutôt lourd. C’est là que la fibre de carbone, plus légère et très résistante, entre en ligne de compte.

Un marché de 2,3 milliards $

L’entreprise de moulage de pièces s’apprête aussi à diversifier sa production en se dotant d’une machine à tisser la fibre de carbone de 400 000 $ et ainsi être la seule entreprise à proposer de la fibre déjà tissée en Amérique du Nord, un marché de 2,3 milliards $.

« Il y a de gros joueurs comme Mitsubishi, sauf qu’eux ne fournissent que de la matière première. Mais nous, on proposerait le tissu déjà fait et avoir juste un dixième de part de ce gigantesque marché, c’est déjà énorme », calcule M. Tremblay.

Une dizaine de personnes seront engagées pour faire fonctionner cette machine.

De la main-d’œuvre svp

« En ce moment, si Mercedes m’offre un contrat tout de suite, je ne peux pas le prendre, car je n’ai pas assez d’employés », confie M. Tremblay dont l’entreprise est continuellement à la recherche de personnel.

Déjà cet automne, une autre session de formation de quatre ou cinq semaines sera offerte.

« Actuellement, on tourne autour de 95 employés, mais pour bien fonctionner avec les maladies et les congés, il faudrait pouvoir en disposer d’au moins 125 », calcule le directeur général.

Pour combler le manque de main-d’œuvre, Fibrotek n’a d’autre choix que d’aller en chercher en Amérique du Sud. Déjà deux Brésiliens, un Colombien et un Cubain font partie du personnel de l’usine de Clermont.

« Ils sont venus avec l’intention de s’installer ici et ils veulent apprendre le français. On leur donne des cours en entreprise. Je m’attends à ce que dans six mois, s’ils ne le parlent pas parfaitement, ils vont au moins comprendre, mais en attendant, on se sert des applications de traduction pour communiquer », explique Luc Tremblay.

Ce dernier pense qu’il n’aura probablement pas d’autre choix que de continuer à recourir à de la main-d’œuvre étrangère.