Chronique : Sport extrême

Par Dave Kidd 10:00 AM - 18 septembre 2021
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L’hôtel de ville de Saint-Urbain.

La politique est un sport extrême. Ceux et celles qui pratiquent cette discipline ingrate, mais fort stimulante vous le diront. Ce n’est pas toujours facile d’y entrer et de perdurer. Quitter cette vie l’est tout autant.

Je vais commencer en remontant dans le temps : Jean-Guy Bouchard confirme vouloir reprendre son siège après ce qu’on peut appeler une éternité en politique. Il croit être l’homme de la situation. Beaucoup de choses ont changé à Petite-Rivière-Saint-François depuis son départ il y a 12 ans maintenant.


Claudette Simard change d’idée et tentera de conserver son poste de mairesse de Saint-Urbain en sollicitant un 4e mandat. Elle aime clairement sa municipalité et ce qu’elle fait. L’aime-t-elle trop ? Je lui ai demandé. Non, elle ne souffre pas d’un syndrome qui a fini par atteindre des maires en poste depuis longtemps et qui, un moment donné, finissent par croire que la municipalité leur appartient.


La pandémie a changé ses priorités. Alors, il serait faux de prétendre que son orgueil a influencé sa décision. Elle est tellement sereine avec son choix que si elle perdait le 7 novembre, elle aura été au bout de ses convictions et n’aurait aucun regret.


Son capital de sympathie est très élevé. Claudette Simard n’est pas imbattable pour autant, mais disons qu’elle part avec une longueur d’avance. Elle a fait avancer, avec ses équipes politique et administrative, des dossiers majeurs qui ont permis à la municipalité de se développer.


Cela dit, on a compris que les derniers mois ont été plus difficiles au sein du conseil municipal.


La fermeture de la résidence Au gré du temps aurait eu un impact dans les relations entre les élus. Un dossier difficile, ça arrive. Ça peut aussi laisser des traces, même si toutes les parties estiment avoir agi dans l’intérêt commun.


La rumeur, et plusieurs électeurs de Saint-Urbain, envoyaient Lyne Tremblay à la mairie de l’endroit. Elle confirme son intention de vouloir rester au conseil municipal, mais pas le siège qu’elle visera. On le saura donc d’ici le 1er octobre.
Toujours préfet de la MRC de Charlevoix, Claudette Simard pourrait le rester. Le maire des Éboulements Pierre Tremblay aurait intérêt à occuper ce poste.


D’abord, il doit être réélu comme maire. Il doit ensuite se faire élire préfet par ses pairs. Je dis aurait intérêt parce que le dossier des futurs quais l’interpelle au premier plan. Si le déménagement se confirme, il sera toujours maire et préfet dans les échanges et rencontres avec les autorités gouvernementales. Le poids politique, c’est important.


À La Malbaie, Jacques Tremblay s’est ravisé. Il ne sera plus dans la course. On oublie sa tentative de retour parce qu’il estime qu’il aura plus de liberté de paroles en tant que simple citoyen. Je lui ai déjà dit que la politique municipale n’était pas pour lui. Les délais impartis pour statuer étant trop longs pour son tempérament. Il a passé sa carrière à décider et à pousser lui-même ses dossiers. Il est habile politicien, mais le format municipal l’a probablement déçu à maints égards.


Là où je comprends moins ses motifs, c’est au niveau de la liberté d’expression. Il ne s’est jamais gêné pour dire ce qu’il pensait. Qu’est-ce qui a changé? L’espace d’un instant, j’ai cru que lui et Anne Jean, laquelle disait sur sa page d’un réseau social qu’une réflexion s’imposait, allaient former un comité de citoyens. On connaît la suite. Anne Jean est bel et bien candidate dans le district 3.


Toujours dans la grande ville, Michel Couturier se dirige-t-il vers un couronnement? Personne ne s’est encore manifesté. S’il est réélu, sera-t-il tenté de nouveau de devenir préfet de la MRC de Charlevoix-Est? Je demeure convaincu que le poste l’intéresse, mais pas de se présenter contre Odile Comeau pour l’obtenir. La mairesse de Saint-Irénée a livré la marchandise. On se souviendra qu’elle a pris le poste au pied levé après une crise politique. Son mandat s’est bien passé.


Je me demande aussi ce que l’actuel maire de La Malbaie fera pour s’occuper pendant les quatre prochaines années s’il est reporté au pouvoir. Le quai de Pointe-au-Pic et son projet signature seront bientôt complétés. Le pôle numérique va connaître du mouvement. Les travaux à l’hôpital et la future école ne relèvent pas de la Ville. Bref, il aurait le temps. En a-t-il l’ambition?


Je ne cherche pas à créer une rivalité entre les deux en exposant l’hypothèse que le maire de La Malbaie devrait réfléchir à la préfecture. Odile Comeau est d’une redoutable efficacité et son réseau de contacts en ferait pâlir plusieurs. Elle assure et assume. Elle fait le travail.

Pour un poste aussi important que préfet, alors que les MRC ont de plus en plus de pouvoirs, un débat d’idées sain, serait de bon aloi. « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », dit le proverbe.

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