Impatience dans les salons de quilles

Par Lisianne Tremblay 7:04 PM - 10 Décembre 2020
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Mario Tremblay, propriétaire du Quillorama, ne sait pas quand il pourra rouvrir son salon de quilles et si les clients seront au rendez-vous.

Les temps sont durs pour les propriétaires de salon de quilles et de cinéma de la région. Ils continuent de payer des frais fixes alors qu’ils ne savent même pas quand ils pourront rouvrir.

En mars, les ligues ont toutes été interrompues. Les salons de quilles ont pu rouvrir quelques semaines en été, mais le service de bar uniquement. «Nous avions seulement deux machines sur cinq pour la loterie vidéo vu que les employés du gouvernement du Québec devaient venir eux-mêmes installer les plexiglas durant les trois premières semaines, ce qui m’a aussi causé des pertes de revenus, souligne Mario Tremblay, propriétaire du salon de quilles Quillorama de Baie-Saint-Paul. Les clients faisaient la file pour avoir accès aux machines.»

Lors de la réouverture, il ne sait pas si la clientèle sera au rendez-vous. «Je ne peux pas planifier de ligue cet hiver, déplore M. Tremblay. Même si j’ouvre, j’ai peur que les gens dans mes ligues se soient tournés vers autre chose. Par exemple, si j’avais 400 joueurs, je vais peut-être en retrouver 250 ou 200. Je ne sais pas du tout comment ça va aller. Je pourrais faire des ligues de février à mai, mais je ne sais pas si les gens embarqueront ».

Il pourrait ouvrir le salon de quilles seulement, mais avec les différentes restrictions sanitaires, un maximum de six joueurs serait permis. La limite est d’un joueur par allée. «Cela ne peut être rentable à six joueurs alors que j’ai 12 allées et que je dois payer un employé et chauffer le bâtiment. C’est mieux de fermer tant qu’à ouvrir à perte» dit celui qui reçoit «un peu d’aide» du gouvernement fédéral.

L’avenir de son commerce repose sur l’arrivée du vaccin même s’il est conscient que ce ne sera plus jamais comme avant pour lui et ses six employés. «Les quilles c’est un loisir, les gens viennent socialiser et s’amuser. Ils ne voudront pas garder leur masque toute la soirée. Pour nous, il y a un avant-COVID et un après-COVID. Je vais avoir perdu près d’un an d’activités», conclut M. Tremblay, qui commence à trouver le temps long.

Le cinéma vivote
La situation n’est pas plus rose du côté du cinéma La Malbaie, qui compte un salon de petites quilles. La salle de cinéma était ouverte du 2 juillet au 16 octobre, mais il y avait peu de cinéphiles au rendez-vous.

« Cela été difficile cet été, nous n’avions pas de films à offrir, précise le copropriétaire Gilles Dallaire. On avait environ 25 % de notre clientèle. Pour le temps des Fêtes, nous avions prévu des films québécois. Nous avons aussi des pertes pour notre salon de quilles puisque plusieurs clients venaient durant cette période.» Les pertes sont évaluées à 80 % du chiffre d’affaires.
Même les cinémas qui sont ouverts font face à des pertes importantes en raison de l’absence de superproductions américaines.
«Nous avons pensé à fermer complètement en mars, mais nous ne l’avons pas fait. Nous souhaitons vendre l’entreprise pour prendre notre retraite. J’avais un acheteur sérieux en mars, mais après tout a fermé. C’est dommage parce qu’en temps normal, le cinéma est rentable. J’ai aussi perdu mes employés. Ce n’est pas évident puisqu’on n’a aucune idée de ce que nous réserve le mois de janvier».

Le cinéma demeure ouvert, mais seulement pour la vente de DVD.

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