Amoindrir les risques de la motoneige

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Par Karine Dufour-Cauchon
Amoindrir les risques de la motoneige
Le tourisme d’aventure se transforme : les motoneigistes sont de plus en plus à la recherche d’une expérience de découverte que d’adrénaline. (Archives janvier 2020)

Aussi palpitante cette aventure hivernale soit-elle, la randonnée à motoneige demeure une activité à risque. Un opérateur de Charlevoix, Philippe Benoît, rappelle que la sécurité commence d’abord derrière le guidon.

Philippe Benoît est directeur général d’Aventure Laurentienne, une entreprise spécialisée en excursion de motoneige à caractère touristique. Les récents évènements au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où un groupe de motoneigistes et leur guide ont perdu la vie, désolent l’opérateur.

« C’est une grande aventure, la motoneige, mais il y a certains risques qui y sont associés. Ce qui est arrivé est dommage, très tragique. À mon avis, il s’agit toutefois d’un cas isolé. Rares sont les accidents de cette ampleur-là », commente-t-il.

Bien qu’il s’agisse d’un cas d’exception, l’incident rappelle que des erreurs peuvent être commises. Pour cette raison, M. Benoît et ses guides doivent régulièrement suivre une formation de gestion de risques. L’équipe compose avec un éventail de normes à respecter pour maintenir l’activité sécuritaire et agréable pour la clientèle touristique.

Ils n’interdisent pas l’accès aux cours d’eau. « On peut faire de la motoneige sur un lac glacé, affirme Philippe Benoît. Ça doit toutefois être dans un environnement contrôlé, comme toute excursion hors sentier. D’ailleurs, cela devient de plus en plus populaire. Selon les récents sondages, c’est 60 % des motoneigistes qui font du hors-piste. »

Chez Aventure Laurentienne, les visiteurs désireux de partir à la conquête de la poudreuse charlevoisienne doivent avant tout prouver qu’ils en sont capables. « Avant de louer un véhicule à un individu, on s’assure qu’il ait les compétences requises pour manier une motoneige. On ne loue pas d’équipements sans un guide sinon. Il y a alors beaucoup de pédagogie qui rentre en ligne de compte », soutient l’opérateur.

Un bon départ

Le gouvernement a appuyé sur l’accélérateur depuis la récente tragédie. L’accréditation Aventure Écotourisme Québec deviendra obligatoire pour l’ensemble des compagnies œuvrant dans le domaine, tel qu’annoncé par la ministre du Tourisme Caroline Proulx.

L’entreprise de Baie-Saint-Paul avait déjà pris les devants. « Nous possédons cette attestation depuis déjà quatre ans. La ministre vient d’imposer la façon de penser de la nouvelle école. On croit que la motoneige, ce n’est pas seulement de la location de machine, mais bien du tourisme d’aventure. Ça prend en considération l’aspect humain de cette activité. C’est un pas dans la bonne direction », estime-t-il.

Il conclut que Charlevoix demeure un terrain de jeu relativement sécuritaire, puisqu’une quantité « raisonnable » d’aventuriers parcourent les sentiers de la région.

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