Les paramédics de Charlevoix exigent une conversion d’horaire immédiatement

Par Dave Kidd 11:25 AM - 03 mai 2022
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Emmanuel Deschênes, Barbara Poirier et René Lavoie ont réitéré la demande de conversion d’horaire pour le secteur de la MRC de Charlevoix

Le Syndicat des paramédics de Charlevoix espère avoir fait jouer pour une dernière fois « sa cassette » de demande de conversion des horaires à l’heure pour le secteur de la MRC de Charlevoix.  La sécurité de la population est compromise dans cette partie de la région où aucune ambulance ne peut intervenir rapidement après 19h.

« Il y a urgence d’agir pour la population. On veut protéger quelqu’un qui quelque part pourrait payer de sa vie si aucun changement ne se produit », ont déclaré René Lavoie et  Emmanuel Deschênes respectivement président et vice-président du syndicat dans ce qu’ils ont appelé « la chronique d’une mort annoncée.

« On ne veut plus entendre la députée Émilie Foster dire qu’elle travaille le dossier. Elle doit le dire s’il manque quelque chose. Elle laisserait un bel héritage en le réglant avant son départ », a indiqué Barbara Poirier, présidente du Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN.

Le syndicat rappelle que la demande vise « un service à la population. La cassette va jouer tant qu’on n’aura pas le changement », a soutenu Emmanuel Deschênes. « L’employeur et le CIUSSS sont de notre bord. Il manque quoi pour que ça aboutisse », a lancé René Lavoie.

Selon le syndicat, le volume d’appels a augmenté de 30% dans la région dans les dernières années. La paramédic Daisy Simard qui compte 14 années d’expérience mentionne que « les horaires de travail se sont détériorés depuis ses débuts. Quand j’ai commencé, on ne sortait pratiquement pas en faction. Aujourd’hui, le camion à l’heure de nuit de La Malbaie doit venir couvrir le secteur de Baie-Saint-Paul lorsque les deux autres véhicules sont sortis. Dans ce temps-là, tu sais que si tu as besoin de renfort, ils sont loin», dit-elle.

Un jeune ambulancier n’avait jamais entendu parler des horaires de faction quand il étudiait. « C’est plus dur que je pensais. À l’école, on ne parle pas de ça. J’ai pris trois jours de congés récemment et on m’a appelé 10 fois pour m’offrir du temps supplémentaire. J’ai refusé. J’étais écoeuré », lance-t-il.

Tous ceux qui savent comment le système fonctionne n’appelleront pas l’ambulance en soirée s’ils sont à Baie-Saint-Paul. « Dans le cas d’un étouffement, ça sera plus rapide de se faire reconduire avec une voiture personnelle », ont exprimé d’autres paramédics découragés par le système actuel alors que le territoire à couvrir est immense.

«Moi, je ne demande qu’une chose : que les personnes en place respectent leur parole. Les politiciens passent, mais les fonctionnaires restent. Eux connaissent le dossier. Ils peuvent le régler facilement », croit Philippe Savard qui compte 28 ans d’expérience.

Hier François Legault disait avoir un tempérament plutôt impatient. Emmanuel Deschênes a indiqué que le premier ministre « en aurait besoin de patience s’il devait avoir besoin d’une ambulance pendant qu’il se trouve au Club Med » étant donné les délais impartis aux ambulances de faction.

C’est avant la campagne électorale que le Syndicat des paramédics de Charlevoix exige la transformation d’un horaire de faction pour le secteur de la MRC de Charlevoix.

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