Chronique

Les nouvelles entreprises maraîchères poussent comme des champignons

Par Emelie Bernier 4:00 PM - 06 avril 2021
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Louis Labbé des Jardins La Terrière est un de ces nouveaux maraîchers qui cultivent la terre de Charlevoix.

Les entreprises agricoles qui s’adonnent au maraîchage de petites surfaces et adoptent des pratiques biologiques ou du moins écologiques poussent comme des champignons dans la région! En voici quelques-unes qui s’ajoutent aux Jardins Écho Logiques, à la Ferme maraîchère la Bordée des corneilles, à la Ferme des Monts, à la Ferme des Quatre-temps et tutti quanti, pour le plus grand plaisir des gourmands.

Les Jardins La Terrière

Les Jardins La Terrière sont le projet de Louis Labbé, le conjoint de la céramiste des Ateliers La Terrière, Chloé Lucie Desnouveaux. «On part de zéro! On a acheté la maison et déboisé la cour arrière. On est en train de voir avec des voisins pour profiter de beaux terrains ensoleillés, mais pour l’instant, on a une toute petite surface maraîchère non mécanisée, à Saint-Urbain sur le rang Saint-Jean-Baptiste », indique Louis Labbé.
Son créneau : le panier fermier, à l’année. « On démarre notre panier fermier, livré à domicile. On souhaite le proposer sur 12 mois en faisant de la transformation, des alliances avec des producteurs de viande, d’œufs, de fruits, par exemple. On souhaite aussi desservir en légumes frais l’Épicerie Yvon Duchesne de Saint-Urbain cet été », résume le producteur qui a fait ses classes auprès de Guillaume Hamel Dubois des Jardins Écho Logiques.
La permaculture sera à l’ordre du jour pour le producteur qui n’a pas de certification biologique, mais privilégie le jardinage écologique. On rejoint Louis Labbé via sa page Facebook personnelle.

Charles Gagnon, des Jardins du Cap-aux-Oies.

Les Jardins du Cap-aux-Oies

Situés, comme leur nom l’indique, dans ce petit rang des Éboulements, les Jardins du Cap-aux-Oies sont le projet de Charles Gagnon. Celui-ci a bourlingué de ferme en ferme ici et ailleurs durant plusieurs années avant de s’établir sur une terre dont sa famille est copropriétaire aux Éboulements. «On est 11 copropriétaires ici, c’est comme une réserve à vocation agricole. J’ai repris les bâtiments, dont l’ancienne étable que j’ai adaptée à la production maraîchère. J’ai bâti une grosse serre et j’aimerais revaloriser le verger», résume l’agriculteur. Une quarantaine de légumes pousseront sur place. Aux traditionnels rabioles, carottes, choux et autres concombres s’ajouteront quelques petites cultures inusitées, comme le curcuma et le gingembre, en culture intérieure, et les pleurotes en plein champ.
Les Jardins du Cap-aux-Oies proposeront des paniers de famille avec des points de chute au Mousse Café de Baie-Saint-Paul et à la Ferme Éboulmontaise des Éboulements. Un kiosque en libre-service 7 jours sur 7 sera installé à la Ferme Éboulmontaise. « Ma famille a toujours été cliente de la ferme des Cadieux-Gagnon. Quand j’ai appris qu’ils ne faisaient plus de légumes, j’ai offert à Gabrielle Cadieux-Gagnon de mettre un kiosque. C’est une belle collaboration! Ça me permet d’être sur le bord de la route et ça permet de remplir la mission de Gabrielle, soit de faire rayonner le terroir. On est alignés sur la même vision! »
Charles est représentant des maraîchers pour Les Éboulements et L’Isle-aux-Coudres à l’UPA locale et il rêve d’une grande convergence des forces maraîchères. « On mijote la renaissance de l’association des maraîchers, qui a été créée en 1980. On veut faire rayonner ces productions-là, faire vivre une agriculture collaborative et régionale! » Les Jardins du Cap-aux-Oies sont membres du Réseau des fermiers de famille et de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPÉ). On peut entrer en contact avec le fermier de famille sur la page Facebook Les Jardins du Cap-aux-Oies

Philippe Marion du Domaine du pied de la côte.

Le Domaine du pied de la côte

Situé à Saint-Aimé-des-Lacs, le Domaine du pied de la côte se spécialise pour l’instant dans l’infiniment petit : les micropousses! Dans un environnement contrôlé, le propriétaire Philippe Marion plante des milliers de graines de brocoli, radis, tournesol, roquette, etc. Il les laisse pousser durant deux à trois semaines avant de les couper et de les offrir en barquette ou en sac dans différents points de vente de Charlevoix. Al Dente, le Mousse Café, le dépanneur Chez Léon et Lily offrent notamment les pousses du domaine. «Je me suis lancé en juillet et pour l’instant, on fait juste de la micropousse, mais nous sommes trois frères qui avons des projets pour la terre familiale », explique Philippe Marion. Les « baby leaves », l’étape suivant celle des micropousses, et les fleurs comestibles sont dans la mire.
La quarantaine de plateaux roulent déjà à plein régime et Philippe envisage déjà d’augmenter la production dans un délai rapproché. « Cet été, j’aurai des tables dehors parce que la demande risque d’augmenter, surtout avec la restauration », dit-il. Il a justement eu l’idée de se lancer dans cette production de niche alors qu’il travaillait dans le secteur. « C’est une production assez simple. Comme on ne parle que de quelques semaines de croissance, il y a peu de risques de maladie, par exemple. Et c’est à l’année!» On rejoint Philippe Marion via sa page Facebook personnelle.

Étienne Girard Migneault de la Ferme du Ruisseau Jureux.

La Ferme du Ruisseau Jureux

Étienne Girard Migneault est le grand manitou de la Ferme du Ruisseau Jureux. Le couple qu’il compose avec Estelle Richard a mis la main sur un immense lopin de terre à Saint-Irénée ayant appartenu à la famille Cabot. Lancée timidement en 2019, la Ferme du Ruisseau Jureux s’apprête à prendre son véritable envol… l’an prochain. « Mon vrai lancement aura lieu en 2022. On a beaucoup de travail à faire! On aura tout de même un kiosque en libre-service à la ferme avec une variété de légumes, ce que les chevreuils n’auront pas mangé… », rigole le fermier.
Éventuellement, il souhaite faire de l’élevage d’agneau au pâturage, pour effectuer une rotation avec ses jardins. « Je vise trois hectares de pâturages raisonnés et un hectare de jardin. Dans les plans, le jardin se déplace chaque année, en suivant le passage des animaux », explique-t-il. Il croit que les premiers agneaux arriveront en 2024 dans l’histoire de la toute jeune ferme. « Il y a la maison et la grange patrimoniale à rénover, c’est beaucoup de travail. Je choisis mes combats, un à la fois! » lance-t-il avec le sourire. Des serres s’ajouteront éventuellement au tableau. L’agriculteur souhaite faire partie du Réseau des fermiers de famille et distribuer des paniers dans un avenir rapproché.
Étienne Girard Migneault est détenteur d’un bac en économie politique, mais sa véritable passion est l’agriculture. « J’ai toujours eu un attachement pour le travail de la terre », indique-t-il.
Il estime que l’engouement pour le biologique et le local existait bien avant la pandémie. «Il y avait un momentum et il s’est accentué avec le coronavirus. Les gens réalisent qu’on n’est pas à l’abri d’une rupture dans les chaînes d’approvisionnement, selon moi. »
Cet été, les courgettes, betteraves, pommes de terre et autres légumes boudés par les cervidés seront disponibles au kiosque en libre service à la ferme du 1400, Ruisseau-Jureux, et au Dépanneur Chez Léon et Lily. On peut suivre l’évolution de la Ferme du Ruisseau Jureux sur Facebook.

Patrick Sirois et Nancy Larouche des Granges maraîchères St-Antoine.

Les Granges maraîchères Saint-Antoine

Les Granges maraîchères St-Antoine ont fait pousser leurs premiers légumes l’an dernier. «Dès l’an 1, nous avons eu de beaux résultats, une petite surface de légumes que nous avons vendus au kiosque à la ferme », explique un des deux fermiers de l’endroit, Patrick Sirois. Cette année, les Granges maraîchères deviennent membres du Réseau des fermiers de famille et de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique. Ils souhaitent offrir 25 abonnements/paniers de légumes hebdomadaires via 2 points de chute, soit à la ferme aux Éboulements et au Métro à La Malbaie.
La certification Éco-cert est en cours, garantissant une production biologique aux consommateurs. «Nous souhaitons développer le marché des fleurs coupées et, à court moyen terme, bonifier notre offre avec des petits fruits », ajoute M. Sirois qui jardine avec sa conjointe Nancy Larouche. www.grangesmaraicheres.com

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