Des deuils à retardement

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Par Lisianne Tremblay
Des deuils à retardement
Il est difficile de perdre un être cher sans pouvoir tenir les funérailles en raison de la pandémie.

Ce n’est pas facile de perdre un proche et encore moins en période de pandémie. Plusieurs familles vivent un deuil à retardement, car ils n’ont pas pu célébrer les funérailles de l’être cher disparu.

Une vingtaine de familles dans Charlevoix-Ouest sont en attente puisque tous les rassemblements même familiaux ont été interdits par la Santé publique. Les cimetières ont toutefois pu ouvrir la semaine dernière, car ils sont des services essentiels. Quelques familles ont enterré leurs proches alors qu’à peine deux ou trois personnes pouvaient être présentes. Les baptêmes et les mariages ont été annulés ou reportés.

« À partir du 15 mars, nous avons dû faire incinérer les corps puisque les embaumeurs ne travaillaient pas, a précisé le président de la Fabrique de Saint-François-d’Assise, Simon Tremblay. Nous n’avions pas le choix même si dans de rares cas ce n’était pas la volonté de la personne défunte. Ce n’est pas facile pour les personnes surtout les plus âgées d’attendre avant de faire leur rituel, qui demeure important pour les endeuillés.»

Les familles devront ensuite décider s’ils souhaitent avoir des funérailles ou une célébration de la parole  même si la personne est enterrée, ce qui voudrait dire sans la présence du corps. Il se pourrait que la fabrique organise des funérailles avec deux défunts.

« C’est certain que les familles devront être plus flexibles pour la journée de célébration. Nous ne pourrons pas les faire seulement les samedis. Nos églises sont assez grandes pour respecter la distanciation physique, mais plusieurs de nos prêtres et notre curé sont âgés de plus de 70 ans », expose M. Tremblay.

Soutien aux endeuillés

La situation est la même dans Charlevoix-Est où quelques familles ont choisi d’enterrer leurs proches au cimetière. « Nous suivons la situation de près, a souligné Louis Savard, président  de la Fabrique Saint-Laurent-de-Charlevoix. Ce sont des deuils difficiles, toutefois nos prêtres peuvent accompagner les gens. Ils ont aussi accès à de l’écoute téléphonique. »

Tous les employés ont été mis à pied temporairement. « Nous avions un contrat avec notre sacristain de l’église de Pointe-au-Pic, a confirmé M. Savard. Nous avons mis fin temporairement à son contrat pour être justes envers les autres communautés. Nous avons de coûts fixes à payer et nous n’avons pas encore fait notre campagne pour la contribution volontaire annuelle. Ce n’est pas le meilleur timing pour le faire, nous allons y réfléchir.»

Précisons que pour les gens décédés des suites de la COVID-19, l’embaumement était interdit par la Santé publique. Les corps doivent donc être incinérés.

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