Tempête à la Grande Traversée: Anie Harvey n’aurait pas fait les choses autrement

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Par Emelie Bernier
Tempête à la Grande Traversée: Anie Harvey n’aurait pas fait les choses autrement
C’est une organisatrice en chef, Anie Harvey, les larmes aux yeux qui attendait les canotiers lors de leur retour sur L’Isle-aux-Coudres.

La Grande Traversée 2020 marquera un point tournant dans le monde de la course de canot, surtout pour Anie Harvey qui s’en rappellera longtemps. Après avoir essuyé une marée de reproches qu’elle juge diffamatoires, elle souhaite maintenant tourner la page et se concentrer sur ses projets positifs.

«Je n’aurais pas fait les choses autrement», lance-t-elle d’emblée.

La Grande Traversée s’est tenue le 22 février. Comme chaque année, le comité de sécurité a monitoré différentes sources d’informations afin de s’assurer que le départ pouvait se faire sans danger pour les canotiers. Jusqu’à la toute dernière minute, il a été envisagé de faire la course sur un circuit alternatif, qui n’avait guère la cote auprès des coureurs puisqu’il longe l’île et ne compte pas la fameuse traversée du fleuve.

«On a présenté notre devis comme chaque année, soit le trajet de base et l’alternatif. Le vendredi soir comme on le fait depuis 20 ans, on s’est assis avec l’équipe de sécurité pour évaluer l’état du fleuve, la marée, les vents… On a pris la décision de refaire la rencontre le lendemain à 9h et on s’est donné jusqu’à 12h25 pour prendre la décision finale, soit quelques minutes avant le départ», explique Anie Harvey. À ce moment-là, tout porte à croire que la météo sera suffisamment clémente pour que les canotiers effectuent leur aller-retour sans encombre.

«On a trois UMA (le UMA 17 est une embarcation de sauvetage spécialisée) sur le fleuve pour se sécuriser. Il faut comprendre, à la base, que chaque équipe est responsable de sa sécurité. Personne ne somme une équipe de se lancer en course si elle ne se sent pas en sécurité. Elle est libre de prendre le départ ou non. Puis, lorsque l’équipe est en course, c’est à l’organisation d’assurer un minimum d’encadrement, mais à La Grande Traversée, c’est un maximum qu’on offre, par ciel en hélico, par terre le long des deux rives et sur les quais, et par mer avec nos UMA17 et le traversier. Nous sommes les seuls à assurer un tel encadrement au circuit», résume-t-elle.
Une quinzaine de minutes après le quatrième départ, le vent se lève. Fait rare, les vents violents poussent le comité de sécurité à sommer 26 équipes de rester du côté de Saint-Joseph-de-la-Rive. Seize autres sont déjà sur le retour vers l’île, mais sont escortées par les UMA17.

 

Quelques secondes avant un des départ de La Grande Traversée beaucoup plus calme que celui de cette année.

C’est là que certains canotiers «n’ayant pas l’expérience nécessaire» prennent des risques indus. «Une équipe novice a fait fi des recommandations allant même jusqu’à injurier des bénévoles. Une autre, au retour, a eu peur, parce qu’elle n’était pas en expérience de reprendre le fleuve. La plupart des équipes sur le retour étaient des équipes d’élite qui avaient l’expérience et qui étaient escortées par les trois UMA. À un moment donné, on a forcé l’évacuation d’un canot, parce que ça devenait dangereux et leur canot se remplissait. Ça n’a pas fait leur affaire, mais nous, on a assuré et on assume nos décisions», lance Anie Harvey.

Une poignée de canotiers a accusé Anie Harvey de négligence sur les réseaux sociaux. Et Anie Harvey, qui admet son caractère impulsif, a vivement réagi. Elle a demandé à un de ses détracteurs de se rétracter, ce qu’il n’a pas fait. «J’ai un côté protecteur lorsqu’il s’agit du travail bénévole et professionnel de toute mon équipe et je n’accepte pas le fait qu’on pointe mon organisme, alors que la grande famille des canots et canotiers (ères) a, depuis des années, du travail à faire en matière de sécurité d’abord des canotiers puis de balises plus strictes en matière d’expérience», lance-t-elle.

Au-delà de tout ça, elle s’indigne qu’on accuse son équipe d’avoir pris des risques. « Pensez-vous qu’on enverrait des gens dans leur tombe?» lance-t-elle. Ébranlée par les accusations sur Facebook, l’équipe de la Grande Traversée a choisi de se retirer de l’organisation de la dernière course du circuit la fin de semaine dernière, le Défi des glaces.

«L’enthousiasme de notre comité de sécurité, formé principalement de bénévoles d’expérience, a écopé», dit Anie Harvey, déçue, mais déterminée à continuer de promouvoir ce sport qu’elle adore.
Anie Harvey a déjà ciblé quelques personnes pour prendre sa relève à la direction de l’organisation des courses où elle demeurera impliquée.

«Pour l’instant, je veux me concentrer sur nos projets positifs comme Les Traverseux – Espace Patrimoine canot à glace, l’École de canot à glace, les formations de sauvetages, les sorties en canots de L’Isle-aux-Coudres, les développements d’hiver, la partie du site où est la goélette à rénover, et le projet d’achat d’un lieu d’hébergement touristique bien connu. Ça en fait beaucoup.  Eh oui, ben oui… c’est sur qu’il va y avoir une course à l’île l’an prochain», conclut-elle.

 

 

D’autres commentaires d’Anie Harvey 

« Avec le temps, on a beaucoup déchargé les responsabilités sur les organisations, alors que notre travail est de présenter un événement, avec tout le professionnalisme que les promoteurs démontrent. Mais on a complètement oublié d’où on vient. Il n’y a pas que la performance, il faut qu’il y ait un tant soit peu de conscience et de connaissances. Et ce n’est pas à nous en tant qu’organisateurs de prendre la charge de cela. A un certain moment, il faut se responsabiliser. Et on l’a fait pour La Grande Traversée. Et on le fera encore mieux pour 2021, parce qu’on sera encore plus outillés. Les réseaux sociaux…c’est pas fait pour tout le monde…et j’ai appris avec le temps qu’il est plus facile derrière un écran de se déresponsabiliser que d’assumer. »  Elle a demandé à un de ses détracteurs de se rétracter, ce qu’il n’a pas fait.»

« On a attaqué un comité de sécurité, qui sont des gens choisis, d’expérience, et qui ont pour la plupart déjà fait du canot à glace, et pour les autres, sont des capitaines et des marins, et ce comité ne mérite pas d’avoir été critiqué par des gens qui supposément, connaissent le milieu du canot à glace et sa SÉCURITÉ. Pensez-vous qu’on mettrait du monde en danger? Ça fait 30 ans, la Grande Traversée et on en a vu d’autres… Il y a des commanditaires d’attacher au nom de l’événement, qui n’ont pas besoin de publicités négatives. J’ai plus de 200 amis (es) dans le monde du canot, certains et certaines d’entre eux (elles) ont des enfants qui participent à la course et que j’ai vu grandir. On enverrait personne dans sa tombe! », lance-t-elle.  Ébranlée par les accusations qui ont éclaboussé l’organisation, l’équipe de la Grande Traversée a choisi de se retirer de l’organisation de la dernière course du circuit la fin de semaine dernière, le Défi des Glaces. «L’enthousiasme de notre comité de sécurité a écopé par rapport à des propos qui ont été tenus sur les réseaux sociaux et pour moi, la solidarité….c’est important. Mais surtout, la vérité. La Grande Traversée vient d’acquérir deux canots de sauvetage UMA17, qu’elle devait utiliser aussi pour la course du Grand Défi. N’ayant plus l’effectif pour les prendre en charge, on devait engager les services de UMA de Jean-François Lachance, mais notre budget ne nous le permettait pas. Nous n’irons pas présenter une course a Québec, sans sécurité, alors qu’on nous a pointé sur cet aspect ici. On a décidé d’annuler la course. La journée suivante, on a présenté une solution, soit celle d’inviter l’Association et au Circuit à nous aider à défrayer les coûts pour les services de UMA. Ils n’ont pas voulu. Mais pire, il y a aussi vices de procédures de la part de certaines décisions prises par certaines personnes.»

« L’association s’est mobilisée pour présenter une course, et c’est tout à leur honneur. C’était tout beau de voir ça, là n’est pas la question. Ils avaient besoin d’une dernière course, ils s’en sont fait une. Bravo! Mais ça ne règle rien de la base fondamentale : la sécurité des embarcations. »

« Moi j’ai à cœur ce sport là, pour les bonnes raisons, et non pas pour des intérêts personnels. J’aurais aimé que TOUS les canotiers et canotières entendent le discours de François Lachance, lors de son intronisation au Temple de la Renommée du Canot à Glace le dimanche après la course. François est un canotier d’expérience et il a aidé au sport sans bon sens! C’était remplit de vérités, de sincérités, de profondeurs! Et aussi remplit d’inquiétudes, et ça, ça me parle. On a pas la science infuse et nous avons, même après 30 ans, des choses à améliorer, mais de grâce….qu’on commence par la base : un canot UNIQUE, pour tout le monde, et sécuritaire. Là, n’importe qui se lance dans le canot. C’est le plus beau sport au monde, je le crie sur tous les toits! Mais il faut ajuster l’élan…. On ne peut pas jouer avec la vie des gens, ni laisser les gens jouer avec leur propre vie pour le challenge ou la gloire ! »

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Stéphane perron
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Stéphane perron

Je crois l’es personne qui fonce on droit à un certain respect un sport que celui à des risque mais faut comprendre que se dés sport extrême mais que no grand père et oncle on déjà traverser dés femme enceinte en pleine tempête et pas sécurité pour sauvé deux vie donc on ne peut dire que Annie a vraiment calculer le risque et installer la sécurité qu’ils devais avoir arête de juger des fonceurs