Vol d’ourson à Sacré Cœur

Par Emelie Bernier 3 juillet 2012
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Alors qu’il s’apprête à venir au Québec pour remettre en liberté un ourson gardé en captivité depuis la mort de sa mère abattue par un chasseur, Alain Boyaval a eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’un de ses protégés a été volé dans la nuit du 27 au 28 juin dernier.

 

Celui qui s’apprête à lancer un documentaire sur la cohabitation pacifique avec l’ours noir est outré et qualifie le geste d’abject. « Normalement, nous gardons les oursons 1 an et demi. Celui qui sera libéré la semaine prochaine aura atteint 18 mois. Des gens ont scié le cadenas de la cage dans laquelle se trouvait un autre ourson que nous venions de récupérer », explique M. Boyaval. Il s’inquiète du sort réservé à l’ourson. « Il y a 3 possibilités : c’est un réseau de capture qui  envoie des ours dans des cirques en Europe ou en Asie pour la pharmacopée chinois. La 3e  possibilité, c’est un acte de malveillance pure et dure. Les gens n’aiment pas ce que l’on fait, les gens n’aiment pas les ours. C’est extrêmement grave! S’attaquer à un ourson de 3 ou 4 kilos, c’est un scandale », s’indigne M. Boyaval. La police a été appelée sur les lieux. «Ils ont ouvert un dossier, on ne va pas laisser pourrir ça », ajoute-t-il.

 

Pour réhabiliter les oursons orphelins, M. Boyaval travaille de concert avec Francine Bouchard et Dany Moor qui s’occupent du centre Protect Bear  à Sacré Cœur. Ils gèrent l’orphelinat et prennent soin des petits. La remise en liberté de l’ourson de 18 mois est prévue dans le secteur de la Zec Buteux. Il s’agit du 12e ourson réhabilité par Alain Boyaval et ses collègues.

Le 5 juillet dès 19h, M. Boyaval donnera une conférence sur son travail et présentera son film au Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac. « Le film Vivre avec les ours prouve que l’ours noir n’est pas un animal féroce. J’ai fait intervenir une jeune québécoise de 20 ans, je lui ai fait approcher les ours de près. Ce sera projeté devant les chasseurs et trappeurs qui disent que les ours sont agressifs.  Je vais prouver le contraire », argue M. Boyaval.

Il aimerait que les Québécois, à l’instar des Britanno-colombiens, apprennent  à cohabiter avec les ours plutôt que de les craindre et de les tuer par loisir. «On peut cohabiter avec l’ours à partir du moment où on veut le faire et oui, il faut prendre certaines précautions. Entre le Québec et le Canada, il y a des grandes différences, c’est le jour et la nuit. Je veux mettre l’accent sur le fait que pourquoi, toujours, on a peur des ours et on veut les tuer absolument?Il y a  130 000 ours en Colombie-Britannique, 70 000 au Québec. Là bas, les gens ne veulent pas les tuer et font ce qu’ils faut pour ne pas les attirer trop près inutilement », de conclure M. Boyaval, invitant les Charlevoisiens à assister à sa conférence et au lancement de son film.

 

 

 

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