Les sacs sous la loupe!

Par Emelie Bernier 12:00 AM - 21 janvier 2009
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La main dans le sac

Chaque année, entre 1,4 et 2,7 milliards  sacs d’emplettes (principalement des sacs en plastique) sont distribués au Québec. Cela représente environ cinq sacs par semaine par personne. (Source: Avis sur les sacs demplettes RECYC-QUéBEC).

Depuis quelques années. les groupes environnementaux, suivis de près par les chaînes d’alimentation, font la promotion des sacs réutilisables, avec un succès mitigé selon des gestionnaires de centres de tri comme André Poitras et Réal Fortin. L’avènement récent des sacs biodégradables semble compliquer encore davantage le travail de ceux-ci.

À la Société Via Lévis, qui accueille chaque année des milliers de tonnes de matières recyclables issues de la collecte sélective notamment sur le territoire de Charlevoix-Est, les sacs de plastique sont une véritable plaie. André Poitras, directeur général, ne cache pas sa grogne. ‘Il n’y a pas de marché pour la récupération des sacs! C’était un très mauvais calcul de la part du Ministère d’intégrer ça dans la collecte sélective! Je pense qu’on espérait les vendre en Asie, mais il faudrait carrément les retirer du marché!’

Il affirme avec certitude que les sacs de plastique ne représente que 1/10 de 1% de toutes les matières qui débarquent dans son centre de tri. Et qu’ils sont, de loin, la plus coûteuse à traiter! ‘Une tonne de sacs coûte 1000 $ à traiter, et on n’arrive même pas à la vendre ‘, rage M. Poitras. Présentement, 5 vans stagnent sur les terrains du centre de tri. 60 tonnes de sacs y sont entreposées. 

Selon lui, la facture de la gestion des sacs de plastiques recueillis par la cueillette sélective aboutira un jour ou l’autre dans les mains des municipalités. Toujours selon André Poitras, les efforts devraient se concentrer sur le papier et le carton: ‘ça fait 50 ans qu’on les recycle et ça représente 75% des volumes recyclés avec efficacité. J’estime qu’on pourrait doubler la quantité recueillie en faisant juste un peu de sensibilisation!’

Son homologue de chez Gaudreau Environnement, M. Réal Fortin, ne porte pas non plus dans son coeur les sacs de plastique, surtout les oxo-biodégradables qu’il qualifie de ‘maudits’! ‘Ils sont biodégradables, mais pas recyclables et les gens ne savent pas faire la différence. La molécule qui rend le plastique dégradable contamine les autres et quand on fait des billes de sacs, elles se désagrègent. C’est un inconvénient majeur! ‘  Sa suggestion? Que les sacs soient clairement identifiés. ‘ Le logo est trop petit. Il faudrait qu’ils soient d’une autre couleur! ‘ Il avoue qu’il jette 50% des sacs qui parviennent au centre de tri. De quoi faire réfléchir!

 Un dossier à lire dans l’édition du 21 janvier de votre Hebdo charlevoisien, version papier!

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