Avis public
Par Gouvernement du Québec - Ministère de la Culture et des Communications 2:23 PM - 16 juillet 2025
La Malbaie
Grange-étable Bhérer (La Malbaie)
Le ministre de la Culture et des Communications, M. Mathieu Lacombe, donne avis :
QU’en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Loi sur le patrimoine culturel, il classe ce bien comme immeuble patrimonial :
La grange-étable Bhérer, située au 215, rue Saint-Raphaël, dans la ville de La Malbaie, sur le terrain connu et désigné comme étant le lot SIX MILLIONS DEUX CENT SOIXANTE-TREIZE MILLE SEPT CENT CINQUANTE-HUIT (6 273 758) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Charlevoix 1.
La protection vise l’intérieur et l’extérieur de l’immeuble, sans le terrain;
QUE ce geste repose sur les motifs suivants :
La grange-étable Bhérer présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et ethnologique. Elle conserve des caractéristiques constructives maintenant très rares au Québec. La grange-étable est dotée d’une structure en pièce sur pièce, composée de troncs d’arbres équarris qui ont été empilés les uns sur les autres et assemblés aux angles. Le bois de cèdre utilisé dans la structure a contribué à sa longévité. La grange-étable est partiellement couverte de chaume et dotée d’un encorbellement en façade. Faisant saillie par rapport au nu du mur, l’encorbellement est un étage ayant une superficie de plancher supérieure à celle de l’étage inférieur. Les anciens bâtiments agricoles québécois comprennent souvent des structures massives en bois et sont couverts de chaume, un matériau économique et répandu dans plusieurs régions du Québec. L’encorbellement est en revanche une caractéristique plus spécifique à Charlevoix, tout comme le système de perches retenant le chaume au faîte du toit et l’enfourchement croisé à mi-bois des pièces aux angles. Au tournant du XXe siècle, de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux de construction remplacent peu à peu les plus anciens, de sorte que les plus vieux bâtiments agricoles disparaissent progressivement du paysage rural québécois. La grange-étable Bhérer conserve ainsi des caractéristiques maintenant presque disparues, dont certaines se retrouvent uniquement dans Charlevoix et en petit nombre.
La grange-étable présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Elle est un témoin significatif de l’histoire de l’immigration, notamment allemande et écossaise, au Québec. En effet, ce bâtiment agricole est associé aux familles Bhérer et Blackburn qui l’ont fait construire au XIXe siècle. D’origine allemande, Johann Georg Bührer arrive au Bas-Canada en 1817 avec sa femme, Katharina Grafmüllerin. Comme d’autres compatriotes, ils s’installent dans la concession du Cap-à-l’Aigle, dans la seigneurie de Mount Murray, et francisent leurs noms pour Georges Ansiac Bhérer et Catherine Croft. Leur fils, Jean-Georges Bhérer, se marie avec Olive Blackburn en 1837. De descendance écossaise, le père de la mariée, Jean-François Blackburn, fait alors don d’une propriété à sa fille pour favoriser l’établissement des jeunes époux. Sur leur terre, le couple Bhérer-Blackburn fait construire la grange-étable près de leur maison vers 1840. Au cours de son histoire, le Québec connaît plusieurs vagues d’immigration, dont celle de nombreux Allemands durant la guerre d’Indépendance des États-Unis. Ces immigrantes et immigrants s’intègrent alors à la population locale et s’installent dans différentes régions, notamment dans Charlevoix, contribuant au développement de l’ensemble du territoire. De nos jours, peu de traces matérielles telles que cette grange-étable témoignent de cet épisode de l’histoire du Québec.
Le ministre de la Culture et des Communications donne également avis :
QUE ce bien appartient aux catégories suivantes :
- Catégorie 1: Extérieur exceptionnel;
- Catégorie 4: Intérieur exceptionnel;
QUE la connaissance, la protection, la mise en valeur et la transmission aux générations futures de ce bien patrimonial sont d’intérêt public;
QUE ce classement prend effet à compter du 28 juin 2024, date à laquelle l’avis d’intention de procéder au classement du bien a été transmis;
QUE ce bien sera inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec.
Fait à Québec, ce 27 juin 2025.
Le ministre,
MATHIEU LACOMBE