Après une bonne nuit de sommeil, en prenant mon café matinal, je regarde les oiseaux aux mangeoires. Un peu songeur… Ont-ils eux aussi dormi aussi bien que moi?
En fait, comment dorment-ils ? 8 heures, plusieurs fois 2-3 heures, que font-ils lorsqu’ils volent pendant 48-72 heures au-dessus des océans… ???
Ça mérite une petite recherche qui me mène à mon ordinateur, avec évidemment ma tasse de café.

La plupart dorment perchés, souvent sur une branche, une corde ou un rebord. Comment se fait-il qu’ils ne tombent pas lorsqu’ils s’endorment? Leurs pattes possèdent un mécanisme de verrouillage automatique des tendons : en se posant, elles agrippent la branche et ne se relâchent pas pendant le sommeil. Ils ne tombent donc pas! Bien fait.
Le sommeil est souvent un sommeil profond et de courte durée. L’activité cérébrale ralentit et l’oiseau demeure immobile. Enfin, contrairement à nous, les oiseaux ne dorment généralement pas nécessairement toute la nuit d’un seul coup : leur sommeil peut être plus fragmenté et ponctué de périodes de vigilance. On dort, on se réveille, on surveille, on se rendort.
Et comment combattre le froid perçant de janvier pendant le sommeil? Beaucoup rentrent la tête dans les plumes du dos ou sous une aile pour conserver leur chaleur. Ils peuvent aussi ébouriffer leurs plumes, créant une couche d’air isolante. Cela constitue le principal mécanisme de protection contre le froid, et c’est très efficace. Plusieurs ralentissent également leur métabolisme afin de conserver de l’énergie pendant le sommeil.

Mais pas tous les oiseaux se perchent. Les canards et autres oiseaux aquatiques dorment sur l’eau, sur une rive, ou même sur une seule patte. Les canards qui dorment l’hiver sur une patte le font cependant pour protéger la patte repliée du froid pendant le sommeil. Ce n’est pas un mécanisme de sommeil mais de lutte contre le froid. Ici encore, on alterne les périodes de sommeil et de vigilance.
Mais comment assurer une protection contre les prédateurs, très actifs la nuit? Plusieurs espèces d’oiseaux vont se regrouper pour passer la nuit. Les manchots de l’antarctique en sont un bon exemple avec lequel nous sommes tous familiers. Cette espèce, comme plusieurs autres plus près de chez-nous, peut dormir avec un œil ouvert et une moitié du cerveau éveillée. C’est le sommeil unihémisphérique : c’est indispensable pour surveiller les prédateurs. Ainsi, les oiseaux situés à l’extérieur du groupe peuvent garder l’œil tourné vers le danger ouvert.
Certains oiseaux volent du Québec jusqu’en Argentine, en survolant l’océan pendant plusieurs jours. Ils doivent dormir… Le condor des Andes passe plusieurs mois au large, lui aussi doit dormir. Ces migrateurs peuvent dormir brièvement pendant le vol. Selon les espèces, certains oiseaux dorment fréquemment pendant quelques secondes, se réveillent, puis se rendorment. L’équivalent pour nous d’une sieste rapide (power nap), mais poussée à l’extrême. Pour d’autres espèces, c’est le sommeil unihémisphérique qui est utilisé. La moitié du cerveau dort, l’autre gère le vol. Il y a alternance entre les deux parties du cerveau. Ce serait clairement utile si nous, humains, pouvions utiliser ce type de sommeil lors de rencontres un peu ennuyante Mais je m’égare…

Pour les oiseaux que vous observez dans votre cour arrière et qui fréquentent vos mangeoires, il est probable qu’ils passent la nuit, bien dissimulés, dans des conifères, des arbustes denses, des cavités ou d’autres abris. C’est d’ailleurs une bonne idée d’installer à l’automne des dortoirs d’hiver pour mésanges, qui permettent è 15 è 20 mésanges d’y dormir la nuit, bien au chaud, à l’abri des prédateurs. Elles sont disponibles auprès de la Société d’Horticulture, d’Ornithologie et d’Écologie de Charlevoix è la section ‘boutique’ de leur site WEB ( shecharlevoix.com )
Bref, il existe plusieurs types de sommeil chez les oiseaux. Ces derniers, pendant des siècles (millénaires) se sont adaptés à leur environnement. La science a encore beaucoup à apprendre sur le mystère du sommeil chez les différentes espèces d’oiseaux. C’est ce qui rend l’observation des oiseaux si intéressante.
Ainsi, lorsque vous observerez une quarantaine de canards couchés sur la rive de la rivière au Parcours des Berges de Clermont, vous savez maintenant que les canards qui sont à l’extérieur du groupe dorment vraiment , mais gardent un œil ouvert sur vous…
Bonnes observations.
Michel P. Côté
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