Caroline Simard veut relancer les dossiers régionaux

Par Félix Côté 4:00 PM - 29 août 2026
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Décentralisation, industrie forestière et troisième lien : Caroline Simard précise les raisons de son retour en politique et les dossiers qu’elle souhaite défendre sous la bannière du Parti conservateur du Québec.

Caroline Simard affirme revenir en politique avec l’impression que plusieurs dossiers de Charlevoix–Côte-de-Beaupré ont perdu de leur élan au cours des huit dernières années.

La nouvelle candidate du Parti conservateur du Québec souhaite notamment recréer des mécanismes de concertation réunissant les élus, les entrepreneurs et les acteurs socioéconomiques de la région. « Quand je regarde ce qui s’est passé au cours des huit dernières années dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, certains projets n’ont pas nécessairement avancé. Je sollicite mes concitoyens pour être en mesure de mettre la main à la pâte et que ça redémarre », soutient-elle.

Pendant son mandat de députée, de 2014 à 2018, elle avait notamment participé à la création d’un groupe d’intervention tactique économique. Cette table réunissait des représentants du milieu des affaires, des intervenants régionaux et des élus.

Elle souhaite reprendre cette approche pour permettre à Charlevoix de mieux faire entendre ses particularités au sein de la Capitale-Nationale.

elle a été accueilli par le maire de La Malbaie, Michel Couturier, peu avant son allocution Photo Jérome Gagnon

Des décisions prises plus près des régions

La décentralisation constituera l’un des principaux thèmes défendus par le tandem formé de Caroline Simard et d’Éric Duhaime. Le chef conservateur souhaite que certaines décisions actuellement prises par le gouvernement québécois soient confiées à des instances régionales. Il cite notamment l’immigration comme exemple.

Selon lui, les seuils et les besoins en main-d’œuvre ne devraient pas être évalués de manière uniforme à l’échelle du Québec. « Dans Charlevoix, il y a des particularités liées notamment à l’industrie touristique. Les besoins sont bien différents de ceux de Montréal ou d’autres régions. C’est important que la décision se prenne près de la réalité », explique-t-il.

Caroline Simard estime pour sa part que Charlevoix doit être reconnue comme un territoire distinct à l’intérieur de la Capitale-Nationale. « On sait qu’il y a des critères qui définissent les citoyens de Charlevoix et qui sont différents de ceux du reste de la Capitale-Nationale », souligne-t-elle.

Elle ne souhaite toutefois pas remplacer les mécanismes déjà en place. Les tables de concertation existantes seraient maintenues et intégrées à la démarche proposée par le PCQ.

Un changement politique lié à son parcours personnel

Caroline Simard refuse de qualifier son passage du Parti libéral au Parti conservateur de changement opportuniste. « Je n’aime pas le terme transfuge, parce qu’on a le droit à la réflexion. C’est un signe d’intelligence que de se poser des questions », répond-elle.

Depuis son départ de la vie politique, son parcours personnel l’aurait amenée à revoir ses priorités et son rapport aux services publics. Elle affirme notamment avoir vécu elle-même les conséquences de ruptures de services dans Charlevoix, au point de devoir se déplacer régulièrement à Québec pendant près de cinq ans.

Elle dit avoir interpellé le gouvernement caquiste ainsi que son ancienne formation politique, sans obtenir les réponses espérées. « Ça ne s’est pas rendu plus loin qu’une rencontre virtuelle. C’est un élément parmi d’autres », explique-t-elle.

Elle précise qu’elle n’avait plus sa carte de membre du Parti libéral lorsqu’elle a commencé à discuter avec Éric Duhaime et qu’elle ne participait plus depuis longtemps aux activités partisanes de son ancienne formation. « Mon détachement était déjà fait. Je me considère comme quelqu’un qui a évolué avec son parcours de vie », affirme-t-elle.

Pour Éric Duhaime, le passé politique de la candidate importe moins que les positions qu’elle défend aujourd’hui. « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le passé des gens, c’est l’avenir. Ce que nous avons en commun, ce sont des valeurs et une vision », avance le chef conservateur.

Le troisième lien présenté comme un projet régional

Caroline Simard confirme également son appui à la proposition conservatrice de prolonger le nouveau pont de l’île d’Orléans vers la rive sud afin de créer un troisième lien autoroutier à l’est de Québec. « J’étais en faveur d’un troisième lien et je le suis toujours. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai été intéressée par l’invitation du Parti conservateur », indique-t-elle.

Éric Duhaime présente cette infrastructure comme un projet qui dépasserait les besoins de mobilité de Québec et de Lévis. Selon lui, un lien à l’est offrirait une nouvelle voie de contournement aux résidents de Charlevoix qui se dirigent vers Montréal ou le Centre-du-Québec. « Les gens n’auraient pas besoin d’aller se congestionner dans le centre-ville de Québec. Je pense que c’est quelque chose de très attractif pour la région », soutient-il.

Caroline Simard ajoute que les coûts du projet devront néanmoins être surveillés attentivement afin de protéger les contribuables.

La forêt au cœur du développement économique

Le PCQ compte aussi intervenir dans le secteur forestier, une industrie que son chef estime avoir été délaissée par les gouvernements successifs. « Il ne faut pas se croiser les bras et abandonner l’industrie forestière au Québec. Il faut faire tout ce qu’on peut pour empêcher les pertes d’emplois », insiste Éric Duhaime.

Le parti propose notamment de réduire certaines taxes sur le carburant afin de diminuer les dépenses des entreprises forestières et du transport lourd. Une politique plus complète sur la forêt doit également être présentée prochainement.

Caroline Simard rappelle que les difficultés de cette industrie touchent directement Charlevoix. Elle cite les interventions réalisées durant son mandat pour préserver les activités de la scierie de Saint-Hilarion. « Il y avait eu des fermetures de machines aussi juste avant mon arrivée en 2014. Nous avons réussi à sauver l’usine de pâte à papier de Clermont. Nous en sommes fiers, mais il faut rester à l’affût », mentionne-t-elle.

La candidate estime que le tourisme et la forêt demeureront des piliers de l’économie locale, mais que la région devra aussi chercher à diversifier ses activités et à retrouver une plus grande capacité d’action. « Je suis ici avec la motivation de représenter les miens. J’habite le territoire tous les jours et je n’ai pas perdu le fil de ce qui se passe, au contraire », conclut-elle.

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