La Roche pleureuse : « Ça me fait mal au cœur », lance l’ancien propriétaire

Par Félix Côté 5:30 AM - 26 août 2026
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La Roche Pleureuse Photo La Roche Pleureuse

Vivement critiqué par sa clientèle, l’hôtel la Roche pleureuse n’est plus ce qu’elle était selon l’ancien propriétaire Pierre Mazière. La renommée de l’hôtel bâtie par ce dernier et son personnel reflétait autrefois l’âme de L’Île-aux-Coudres. Aujourd’hui, force est de constater que l’établissement n’a pas résisté à l’épreuve du changement de gestion. Mais, il assure que l’âme des insulaires est restée vivante, bien que ceux-ci pleurent désormais l’époque de M. Mazière, alors que l’hôtel vibrait au rythme de l’identité locale.

« Ça me fait mal au cœur parce que ce n’était pas ça, La Roche Pleureuse, et ça ne devrait pas être ce que c’est aujourd’hui », affirme-t-il.

Pierre Mazière a acheté La Roche Pleureuse en 1988 avant de la vendre en 2015. Durant ces années, il dit avoir donné une envergure internationale à un établissement qui bénéficiait déjà d’une certaine renommée. « J’ai développé une clientèle de l’Europe, des États-Unis et même un petit peu de l’Asie de l’Est », relate-t-il.

L’établissement accueillait alors de nombreux visiteurs en haute saison et organisait différentes activités afin de prolonger la période touristique. Les « Noëls d’un temps », notamment, permettaient de remplir l’hôtel jusqu’en octobre. Des événements et des soirées dansantes ont également contribué à créer une aura autour de La Roche Pleureuse.

Selon M. Mazière, le succès de l’hôtel reposait avant tout sur son personnel. « En affaires, particulièrement dans l’hôtellerie, il y a trois éléments, dans l’ordre d’importance : le client, ensuite le personnel et ensuite le patron », explique-t-il.

L’ancien propriétaire dit avoir accordé une grande autonomie à ses employés et considère que cette confiance avait fait naître un fort sentiment d’appartenance envers l’entreprise. « Je faisais tout et rien. C’étaient eux qui menaient l’affaire, ce n’était pas moi. Ces trois éléments formaient une âme, l’âme de l’entreprise », raconte-t-il.

Cette philosophie de gestion, soutient-il, permettait au personnel de considérer l’hôtel comme une entreprise qui lui appartenait également. « La confiance se bâtit lentement, se conserve, mais se perd rapidement », rappelle-t-il.

Une identité insulaire perdue

Pierre Mazière estime que les propriétaires qui lui ont succédé n’ont pas réussi à conserver cette équipe et cette identité. « L’acquéreur n’a pas eu le réflexe de vouloir conserver toute l’équipe, de lui faire confiance et de se dire que c’était une entreprise avec une couleur insulaire qu’il fallait garder », avance-t-il.

Il précise toutefois que l’hôtel a été revendu depuis son propre départ et qu’il ne connaît pas tous les événements ayant entouré les différentes transactions. « Quand on prend une décision, on la prend en fonction des éléments du moment et de la perspective que l’on a. Ce n’est pas le premier acheteur, c’est le deuxième qui a racheté. Je ne sais pas ce qu’il y a eu », nuance-t-il.

Dans un précédent reportage du Charlevoisien, deux groupes de clients ont dénoncé l’état de certaines chambres de La Roche Pleureuse. Ils ont notamment rapporté la présence de draps tachés ou jaunis, de moisissure et d’odeurs d’humidité, ainsi que l’absence de climatisation et de plusieurs services annoncés sur les plateformes de réservation.

Un client a aussi affirmé avoir découvert un trou dans son balcon et être demeuré temporairement enfermé dans sa chambre en raison d’une porte mal entretenue. Les deux groupes ont quitté l’hôtel prématurément et soutiennent que leurs demandes de remboursement ont été refusées.

Les propriétaires actuels, Liu Xiangli et Ruan Yu, n’avaient pas répondu aux demandes du Charlevoisien dans le cadre de ce premier reportage.

En prenant connaissance de ces témoignages et du contraste dénoncé entre les images utilisées pour promouvoir l’hôtel et l’expérience rapportée sur place, Pierre Mazière parle de « mauvaise représentation ».

La réputation, et les anciens honneurs sont toujours affichés et mis de l’avant sur l’un des sites en ligne de l’hôtel. Photo tirée d’un des quelques sites web de l’hôtel

« L’aura et l’âme de La Roche Pleureuse n’ont pas été développées comme elles auraient dû l’être », déplore-t-il.

Il observe également que l’hôtel accueille aujourd’hui moins de visiteurs et que sa saison d’exploitation est plus courte qu’autrefois. Selon lui, un établissement touristique insulaire doit continuellement créer des activités pour rentabiliser des investissements importants malgré le caractère saisonnier de l’industrie. « Il faut trouver des idées. Le problème du tourisme à L’Isle-aux-Coudres, c’est que ce sont de gros investissements pour une activité saisonnière », explique-t-il.

Toujours résident de l’île, M. Mazière affirme rencontrer régulièrement des citoyens et d’anciens clients qui lui parlent de la situation de l’hôtel. « Ce n’est plus La Roche Pleureuse que j’ai connue. Je regrette l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui. Je pense qu’on aurait pu faire mieux », confie-t-il.

Il résume son constat en une image : « C’était un peu le fleuron de L’Isle-aux-Coudres et ce fleuron s’est fané. C’est dommage. »

Tourisme Île-aux-Coudres recommande la prudence

La directrice de Tourisme Île-aux-Coudres, Émilie Lajoie, confirme que La Roche Pleureuse ne fait plus partie de l’organisation. L’établissement en a notamment été exclu parce qu’il ne respectait pas sa charte de qualité.

Afin de choisir un hébergement, Mme Lajoie recommande aux voyageurs de consulter le site Internet de Tourisme Île-aux-Coudres. Tous les établissements qui y sont identifiés sont membres de l’organisation et recommandés par celle-ci.

Les visiteurs peuvent également communiquer directement avec le bureau d’accueil touristique afin d’obtenir des renseignements et des recommandations adaptés à leurs besoins.

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Bernard Garand
Bernard Garand
17 jours il y a

Triste affaire pour cette entreprise de l’île, Mr Mazière a bien expliqué la,trajectoire d’un établissement d’hôtellerie,le clients,,employés,et finalement le patron car savoir reconnaître la qualité et l’appartenance à C employés fait que les employés demeurent motivés et engagés pour le succès de celle-ci.

Anne Marie Asselin
Anne Marie Asselin
17 jours il y a

Lors d’une balade à l’île comme j’aime en faire à chaque été , nous nous sommes aventurés jusqu’à La Roche Pleureuse. Un véritable désastre . Tout est à l’abandon….Vraiment triste quand on pense à ce qu’elle a déjà été …

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