Michel Couturier veut faire des municipalités des acteurs de la santé publique
Les aménagements destinés à l'activité physique et au bien-être sont nombreux et on veut les faire reconnaître comme parties prenantes de la santé des citoyens. Photo Félix Côté
Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, profitera d’une tribune provinciale pour défendre une conviction qu’il porte depuis une vingtaine d’années : les municipalités ne font pas seulement du loisir, elles contribuent directement à la santé de leur population.
Le 9 septembre, à Trois-Rivières, l’élu participera à l’événement « Vers des municipalités en santé », organisé par AGORA. Il prendra part à une conférence portant sur la place actuelle des municipalités dans la prévention en santé. « On pense toujours qu’on fait du loisir et de la culture, mais on ne parle jamais du rôle qu’on a en santé. Pourtant, les municipalités sont des agents importants de première ligne pour développer la santé dans leurs communautés », soutient Michel Couturier.
Avant son entrée en politique municipale, celui qui est également préfet de la MRC de Charlevoix-Est et membre du conseil d’administration de la Fédération québécoise des municipalités a œuvré pendant une dizaine d’années dans la gouvernance du réseau de la santé. Il a notamment présidé l’Hôpital Saint-Joseph de La Malbaie avant de participer au regroupement d’établissements hospitaliers.
Cette expérience l’a convaincu que le système de soins curatifs ne pourra répondre seul au vieillissement de la population, à l’augmentation de l’espérance de vie et à la progression de certaines maladies chroniques évitables. « Le curatif frappe un mur d’année en année. On peut continuer d’augmenter les budgets, mais si les gens ne prennent pas davantage leur santé en main, le réseau va demeurer engorgé », affirme-t-il.
Des projets simples et accessibles
Selon Michel Couturier, les infrastructures sportives ne constituent qu’une partie de l’équation. Les sentiers pédestres et cyclables, les bibliothèques, les événements culturels, les espaces verts et les lieux favorisant les rencontres contribuent aussi à la santé physique et psychologique.
Il cite notamment les sentiers de vélo de montagne des Sources Joyeuses, les terrains de pétanque aménagés dans différents secteurs de La Malbaie, le parc du Havre et les sentiers pédestres de la municipalité.
L’élu donne également l’exemple d’un escalier aménagé au coût d’environ 6 000 $ afin de faciliter l’accès au fleuve. « Quand il fait beau, des dizaines de personnes l’empruntent. Elles marchent, vont au fleuve, prennent le temps et discutent ensemble. Ce sont de petites interventions, mais elles ont une importance réelle », estime-t-il.
À ses yeux, des installations sanitaires, des bancs, des zones d’ombre ou des accès adaptés aux personnes à mobilité réduite peuvent avoir autant d’incidence que certains projets beaucoup plus coûteux.
Une reconnaissance et du financement
Michel Couturier souhaite que le gouvernement et le réseau de la santé reconnaissent davantage les municipalités comme des partenaires de la prévention. Cette reconnaissance pourrait éventuellement mener à la création de programmes de financement réservés aux initiatives municipales favorisant la santé. « Ce ne sont pas toujours des arénas à 10 M$ ou des piscines à 18 M$. Ça peut être un sentier, un lieu mieux adapté ou un terrain de pétanque avec des bancs et des zones d’ombre. Ce ne sont pas nécessairement des projets de plusieurs millions », illustre-t-il.
Le maire veut aussi convaincre certains de ses collègues qui considèrent encore que la santé relève exclusivement du réseau provincial. « Santé Québec n’y arrivera pas seul. Les municipalités peuvent faire bouger les gens, les amener à socialiser et agir sur leur environnement. C’est une spirale : les gens se rencontrent, vont mieux psychologiquement, deviennent plus actifs et sont ensuite plus portés à prendre soin d’eux-mêmes », plaide-t-il.
L’événement d’AGORA réunira des élus, des gestionnaires municipaux et des spécialistes de la santé publique. Michel Couturier interviendra à la conférence « Prévention en santé : où en sont les municipalités? », aux côtés de chercheuses de l’Université du Québec à Trois-Rivières. La rencontre affiche déjà complet.
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On se cherche un créneau pendant que la population vieillie, S’occuper de sa santé coûte parfois cher. Et en ce moment nos yeux sont tournés vers la réalité du contenu du portefeuille et les grands défis économiques qui l’accompagnent. Vouloir implanter une culture part de loin au niveau de l’éducation primaire. On ne s’improvise pas.
« À ses yeux, des installations sanitaires, des bancs, des zones d’ombre ou des accès adaptés aux personnes à mobilité réduite peuvent avoir autant d’incidence que certains projets beaucoup plus coûteux. » On parle ici d’installations de base qui n’ont pas reçues d’oreille. On crée plutôt des îlots de chaleur en asphalte.