De Baie-Saint-Paul au Saguenay en cinq jours de kayak

Par Charles Dessureault , 5:30 AM - 11 août 2026
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Denis Légère, un grand amateur de plein air, a passé une décennie de sa vie aux Territoires du Nord-Ouest. Photo Charles Dessureault

« Je ne suis pas pressé, la marée haute est à 15 h. Je risque d’arriver à la noirceur », dit d’emblée Denis Légère en étalant l’équipement de son imminente expédition à la marina de Baie-Saint-Paul. À bord de son kayak de mer, il atteindra sa destination, quelque part en amont du Fjord du Saguenay, à quelque 250 kilomètres d’ici, dans 5 jours de complète autonomie.  

À moins d’une heure de son départ, Denis repasse sa liste de matériel au peigne fin. Parmi les nombreux luxes qu’il s’est offerts, on retrouve une chaise ultra-compacte, un sac de fruits frais (son bagage le plus lourd), ainsi que… « Ah c*****. J’ai oublié mon oreiller, il faut que j’aille le chercher », lance soudainement Denis.

La valeur d’un bon oreiller étant inestimable, il abandonne son équipement au pied de la marina, et court le chercher, quitte à retarder son départ. « À 47 ans [le mauvais sommeil] ne pardonne plus », dit-il dès son retour, son précieux coincé sous son bras.

Une fois rempli de matériel de camping, le kayak de Denis ne dépasse le niveau de l’eau que de quelques centimètres. Photo Charles Dessureault

« Assez spécial »

L’enseignant d’anglais à l’école Sir-Rodolphe-Forget dit vouloir profiter de son été à la hauteur de son privilège. « Je suis choyé d’avoir autant de vacances, donc chaque année, je fais des expéditions. Je me cherche des petits défis. » 

Ayant déjà habité les contrées sauvages des Territoires du Nord-Ouest et traversé le fleuve Saint-Laurent à maintes reprises, c’est maintenant le littoral charlevoisien qui l’attire. « Je voulais voir toute la côte, au complet », ajoute Denis, s’apprêtant à faire sa plus longue expédition depuis son arrivée dans Charlevoix, il y a onze ans de cela.

Rencontré une trentaine de minutes après son départ, Denis Légère est surpris de constater à quel point le vent affecte la vitesse de son kayak alourdi. À ce moment, il avançait à un rythme de 7 km/h. Photo Charles Dessureault

Parmi les éléments de son itinéraire qui l’intéressent, il y a le relief de Charlevoix vu du fleuve, certes, mais il y a aussi la proximité avec la faune marine dans le Fjord du Saguenay. « On est supposé rester à 400 mètres [des baleines et des bélugas], mais s’ils viennent me voir, je ne vais pas me sauver », avoue-t-il, enjoué à l’idée d’en croiser quelques-uns.

Denis Légère explique que ces mammifères marins sont surtout curieux des petites embarcations, ce qui crée des rencontres privilégiées avec les kayakistes comme lui. « Tu sais, un béluga qui te regarde dans les yeux à un mètre de toi, c’est assez spécial. »

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