Chez les oiseaux de proie, c’est madame qui est en charge

Par Michel Paul Côté 6:00 AM - 9 août 2026 Chroniqueur | oiseauxcharlevoix@gmail.com
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Ce couple de faucons pèlerins illustre bien le phénomène de dimorphisme sexuel inversé. La différence de taille et de poids peut aller jusqu’au double pour cette espèce de rapace. (Photo gracieuseté de Union Québécoise de Réhabilitation des oiseaux de proie)

Chez les oiseaux, les observateurs savent que c’est généralement le mâle qui est le plus coloré, le plus gros, le plus vocal. C’est d’ailleurs ce que les guides nous montrent avec les photos de parulines mâles qui ressemblent à des arcs-en-ciel de couleurs, chaque espèce ayant ses couleurs et motifs distinctifs, alors que les femelles, plus ternes, se ressemblent toutes.

Même chose pour notre cardinal, pour les chardonnerets, pour la carouge à épaulettes, etc.

Les mâles sont plus gros car ils défendent les territoires. Les mâles sont plus bruyants car ils avertissent les intrus de ne pas s’aventurer trop près. Bref, les mâles dominent.

Chez les mammifères, on retrouve un peu le même phénomène, surtout au niveau de la dimension.

C’est une croyance qui a la vie dure : les mâles sont plus gros, plus forts, plus impressionnants, plus dominants.

Le terme scientifique pour expliquer tout ça : le dimorphisme sexuel. Il désigne l’ensemble des différences physiques, morphologiques, physiologiques qui existent entre les sexes.

C’est une règle assez universelle.

Hé bien, ce n’est pas tout à fait exact! Cette règle n’est pas respectée chez nos rapaces car chez ces oiseaux, c’est madame qui mène le bal. Elle est la patronne, et surpasse même le mâle en taille et en poids.

Aigles, crécerelles, hiboux, buses, chouettes… chez tous ces rapaces, c’est le règne matriarcal.

C’est un phénomène connu, depuis longtemps étudié et documenté. Ce phénomène porte un nom qui ressemble étrangement à un diagnostic médical : « Dimorphisme Sexuel Inversé ».

En bref, chez la grande majorité des oiseaux de proie comme les éperviers, les buses, les hiboux et les aigles, la femelle est plus grosse que le mâle.

Les différences de tailles varient d’une espèce à l’autre. Chez notre épervier brun, commun dans nos forêts de Charlevoix, madame peut faire le double du poids de monsieur. De façon générale, les différences de poids et de taille se situent autour de 70 %.

Les biologistes étudient le phénomène depuis longtemps et proposent différentes hypothèses pour expliquer tout ça. Ce ne sont que des hypothèses, mais elles méritent qu’on prenne connaissance des plus populaires.

La théorie la plus « solide » est que les femelles restent au nid pour couver et défendre le territoire, alors que les mâles, plus légers et agiles, chassent des proies petites et rapides qui nourriront la femelles et les petits. Et la femelle peut demeurer au nid pour de longues périodes sans manger si les proies se font plus rares, grâce à ses réserves. Ainsi le couple se complète parfaitement dans la répartition des tâches. Un couple moderne…

Les photos des trois chouettes sont de Luc Dufour et Bertrand Martineau.

Une autre théorie qui a beaucoup de mérite et qui complémente la première : la grosseur est un bon moyen de dissuasion contre les prédateurs. Une femelle aigle royal qui simule une attaque sur un renard qui rôde autour du nid, c’est très efficace. C’est d’ailleurs très efficace contre un homme également !

La troisième théorie est moins flatteuse pour le mâle. Pendant la parade nuptiale, la femelle est assez agressive. Une fois « l’acte terminé », il arrive que la femelle perde rapidement tout intérêt dans le mâle. Si ce dernier ne comprend pas que le rendez-vous galant est terminé et insiste, il peut devenir le « repas » de madame. Le fait d’être plus petit et rapide lui permet de s’échapper, le temps que madame se calme un peu et redevienne dans de meilleures dispositions.

Bien d’autres explications sont avancées, mais elles sont plus marginales.

Avec l’arrivée du mois d’août, la migration des oiseaux de proie va débuter dans Charlevoix. Pendant presque 10 semaines, les rapaces vont profiter des belles journées de chaleur pour planer au-dessus des caps et falaises qui longent le Saint-Laurent, profitant des courants d’airs chauds ascendant pour parcourir de longues distances sans réels efforts.

Ils se déplacent en groupe, en plein jour, et se posent sur des branches hautes qui servent de perchoirs pour apercevoir des proies potentielles.

On les observe facilement. Lorsque vos jumelles vous feront découvrir un couple d’oiseaux de proie qui semble un peu dépareillé, vous savez maintenant que c’est la matriarche qui est fière et dominante.

Bonnes observations.

Si vous souhaitez vous procurer un nichoir à hirondelles bicolores, merlebleus, ou un dortoir d’hiver pour la mésange à tête noire, il suffit de suivre le lien suivant qui vous mène à la boutique du site de la Société d’ornithologie de Charlevoix.

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Bernard Garand
Bernard Garand
29 jours il y a

Bravo à luc Dufour et mon ami Bertrand Martineau qui avant même le lever du jour son déjà aux aguets à capter de t’elles images et de ns les partager Merci.

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