Les ingénieurs dressent la liste des projets à risque
Plus d'une trentaine d'ingénieurs s'étaient déplacé à l'Île-aux-Coudres pour faire un moyen de pression en juillet dernier. Photo Félix Côté
L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a avisé la semaine dernière plusieurs municipalités des impacts potentiels de la grève sur des dossiers en cours.
Selon l’APIGQ, le barrage du Basque, à Baie-Sainte-Catherine, présente des signes d’érosion et aucun suivi ni recommandation ne peut être effectué pendant la grève. Bien qu’il n’y ait pas de danger immédiat pour la population, une éventuelle rupture pourrait causer des dommages importants à un tronçon de la route 138, mentionne l’organisation.
À La Malbaie, le syndicat estime que si le conflit se poursuit durant le mois d’août, l’autorisation du ministère de l’Environnement requise pour le projet de Compospro inc. pourrait difficilement être délivrée avant la fin de l’année, retardant ainsi l’approbation des modifications prévues au centre de compostage.
Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, estime pour sa part que les répercussions demeurent limitées jusqu’à présent sur son territoire. Il espère toutefois que les parties parviendront rapidement à une entente.
À Baie-Sainte-Catherine, le maire Donald Kenny se montre plus préoccupé. La municipalité attend toujours des réponses du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) concernant les prochaines étapes de son projet d’usine de traitement des eaux usées. Il craint que la grève ne vienne ralentir un projet attendu depuis plusieurs années.
« On a peur que ça impacte le projet. C’est un dossier qu’on attend depuis plusieurs années », affirme le maire.
Rappelons que l’APIGQ soutient également que la grève pourrait retarder l’obtention de certaines autorisations ministérielles liées au projet éolien Des Neiges et repousser à l’été 2027 le remplacement de deux ponts sur le rang Saint-Placide, à Baie-Saint-Paul. La Ville s’était alors abstenue de commenter ces affirmations, tandis que Boralex avait indiqué qu’il était encore trop tôt pour conclure que le conflit de travail aurait un impact sur l’échéancier du projet éolien.
Questionné par Le Charlevoisien, le Secrétariat du Conseil du trésor affirme que « la partie patronale demeure pleinement engagée à poursuivre la négociation et souhaite conclure rapidement une entente avec les ingénieurs ».
En grève générale illimitée depuis le 6 juillet, les quelque 2 000 ingénieurs du gouvernement du Québec ont déjà entraîné le ralentissement ou la suspension de plus de 120 chantiers routiers et municipaux, en plus d’affecter les activités de plusieurs ministères.
Le principal point d’achoppement des négociations demeure l’octroi d’une enveloppe sectorielle qui permettrait d’accorder des augmentations salariales supérieures aux 17,4 % sur cinq ans consentis à l’ensemble des employés de l’État.
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