En plus d’être le plus vieil événement d’art contemporain au Canada, le Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul est un des seuls qui implique autant la participation du public dans le processus créatif des artistes. Pleins feux sur les réflexions qui ont mené à la 44e édition que vous êtes sur le point de découvrir.
Anaïs Castro est la cheffe d’orchestre de l’édition de 2026. À titre de commissaire invitée, l’autrice, basée tant à Montréal qu’à New York, avait la première tâche de définir la direction artistique de l’événement. Sa démarche s’est soldée par le thème Camouflage, un concept compatible avec la formule propre au Symposium, le contexte actuel et la liberté d’interprétations possible.
À partir une affiche explicative au Musée d’art contemporain (MAC) de Baie-Saint-Paul, on comprend que la thématique s’inspire notamment du monde numérique, espace foisonnant d’hypertrucages, d’intelligences artificielles et de désinformation. « Il devient de plus en plus difficile de distinguer le vrai du faux », peut-on lire. C’est dans un tel contexte que le Symposium souhaite « explorer les esthétiques et les enjeux du camouflage, de la dissimulation et de la tromperie stratégique ».
Camouflage, c’était pour Anaïs le choix logique. « Tout le monde a une expérience avec le camouflage, il y a un côté ludique aussi, soutient-elle. Puis après, on peut l’aborder de tellement de différentes manières ; il y a un côté politique, un côté social, un côté technologique, un côté biologique aussi, avec les animaux et les insectes. »
Puisque c’est un thème qui se décline sous plusieurs angles, la commissaire invitée croit qu’il s’agit d’une plus-value pour le public, lui permettant d’enrichir ses préconceptions du camouflage, tout en ayant un référent commun pour analyser le travail des artistes.
« Après, cette réflexion-là, elle peut continuer de rouler dans leur tête […] et d’élargir [leurs] horizons. C’est un peu ça, le but de l’art, c’est de pouvoir considérer différents points de vue, puis de réfléchir sur le monde dans lequel on habite. » – Anaïs Castro
Un souci d’accessibilité
Une fois la thématique développée et les 12 artistes sélectionnés parmi les quelque 150 candidatures, Anaïs a dû se tourner vers son second cheval de bataille, soit la capacité du public à se connecter avec les œuvres.
« Je pense que l’art contemporain est généralement perçu comme étant assez hermétique, très intellectuel, difficile d’approche, alors que ce n’est pas nécessairement le cas : la plupart des artistes parlent de réalités qui nous concernent tous, plaide celle qui est particulièrement heureuse de jouer des deux côtés de la médaille. C’est juste de le vulgariser, de le rendre accessible, de le mettre dans des termes qui ne sont pas intimidants. »
C’est là qu’entre en jeu la particularité du Symposium, où c’est le processus créatif qui est mis de l’avant plutôt que des œuvres déjà complétées. L’événement donne accès à « tout ce travail invisible, des espaces auxquels le public n’est généralement pas invité », argue la commissaire invitée du festival.

Une démarche participative
Pour parvenir à briser ce mur, le Symposium a prévu plusieurs activités de proximité avec les artistes, comme des 5 à 7 créatifs et des discussions, une table ronde, une marche guidée dans un boisé ou une projection de films.
De plus, l’organisation encourage l’implication du public dans la démarche artistique, en participant directement à une murale commune, par exemple, ou en influençant le processus créatif de l’artiste au fil des jours et des semaines.
« On croit beaucoup à la dissémination des artistes dans la ville pour que le plus de gens possible se retrouvent dans l’art, en le voulant ou pas, a lancé la directrice générale du MAC, Gabrielle Bouchard. Au final, on va vous imposer le contact avec les artistes et avec les projets. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.