Domtar : les travailleuses réclament une rétroaction salariale et se questionnent sur l’égalité des sexes
2 ans se sont écoulés depuis la dernière convention collective des travailleuses de bureau Photo Félix Côté
Deux ans se sont écoulés depuis l’échéance de la dernière convention collective des cinq employées du secteur administratif de l’usine de papier de Clermont. Les négociations sont bloquées et le syndicat qui les représente remet en question les raisons évoquées par Domtar pour justifier son refus de leur accorder la pleine rétroactivité salariale.
La somme réclamée est évaluée approximativement à 40 000 $ pour les cinq employées, soit une moyenne de 8 000 $ par travailleuse. En plus de la rétroactivité salariale, le syndicat dénonce le recul de certaines conditions de travail, notamment le retrait du télétravail pour certaines employées. L’employeur aurait affirmé que les travailleuses « ne méritent pas ces conditions ».

« Ils utilisent la rareté des “bons emplois” dans notre région comme levier de négociation », explique-t-elle.
Autrement dit, puisqu’il existe peu d’emplois comparables à proximité, Domtar ne se sentirait pas menacée de perdre son personnel, étant considérée comme l’un des seuls « bons employeurs dans la MRC ». Mme Tremblay souligne que des travailleuses de bureau de Domtar dans d’autres régions ont obtenu la rétroactivité demandée. « On veut rappeler le rôle capital de nos employées de bureau. Leur travail est essentiel au maintien des opérations », martèle Karenne Tremblay.

Du sexisme?
« L’égalité, c’est ce qu’on demande », réclame Mélanie Pelletier, vice-présidente responsable de la condition féminine au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). Présente lors de la conférence de presse, elle a notamment soulevé la possibilité d’un traitement sexiste.
En 2023, les quelque 120 travailleurs de l’usine, majoritairement des hommes, ont obtenu la rétroactivité demandée ainsi qu’une hausse salariale allant de 18 à 25 %. À l’époque, les sommes rétroactives représentaient entre 5 000 $ et 9 000 $ par travailleur. Plusieurs d’entre eux se sont d’ailleurs rassemblés à l’extérieur de l’usine lors de la conférence de presse afin de soutenir leurs collègues.

« Comment se fait-il que seulement cinq femmes n’aient pas droit à la même chose? », demande la représentante syndicale. Selon elle, ce contraste pourrait témoigner d’un certain mépris de la multinationale envers ce petit groupe de travailleuses.
En réponse, Domtar n’a pas souhaité accorder d’entrevue. L’entreprise affirme qu’un processus de négociation est en cours, bien que le syndicat fasse état d’une stagnation des discussions. Les travailleuses envisagent de recourir prochainement à d’autres moyens de pression.
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