Passer de directeur du bureau d’une députée à la direction générale d’une municipalité pour bientôt devenir le numéro un d’un club de golf de 150 ans d’histoire, c’est un parcours professionnel intéressant. C’est celui de Martin Guerin. Il ne porte pas de lunettes roses parce qu’il connait très bien les défis qui se dressent devant lui.
«Les gens sont souriants et viennent ici pour s’amuser. Je m’amuse aussi », dit-il après ses premiers 100 jours comme directeur des opérations golf. Une belle occasion aussi pour l’auteur de ces lignes de se commettre sur le futur de ce club.
Martin Guérin s’estime mégachanceux de pouvoir compter sur Marc Villeneuve, qui quittera à la fin de l’année. L’actuel DG connaît le club dans ses moindres détails. “«Ça facilite tellement la transition et l’apprentissage », dit celui qui lui succèdera.
Les défis du Murray Bay sont nombreux et grands. J’hésite à dire titanesque pour ne pas décourager personne.
“«Je vois les défis d’un bon œil. Ils ne se règleront pas en six mois. Il y a des options à travailler et un gros travail à faire en communication. Il faut s’assurer d’avoir les bons arguments avec du poids pour aller chercher ce qu’il nous faut. On va approcher des gens. Ça peut aller vite. On ne sait jamais. Je suis optimiste face à ce projet », disait Martin Guérin en marge de l’assemblée générale annuelle.
Oui le dossier du futur chalet a connu des péripéties. Et puis après. Un projet de cette envergure n’est pas sans surprise.
C’est bien évident que mon jupon dépasse dans cette chronique. Je suis un amateur de golf. Je trouve important que tous les clubs de la région fonctionnent bien. Donc. Oui, pour moi, le Club de golf Murray Bay doit se donner les moyens de prospérer et de se développer. Je ne crois pas qu’un projet de 10 M$ soit l’option à retenir. Même si le 2 X 4 se vend cher, je suis convaincu qu’on peut arriver à se plonger vers l’avenir à un coût pas mal moins élevé.
Je comprends que, pour les gouvernements, venir en aide à un golf n’est pas dans la liste des priorités ministérielles. Le discours sera important de la part des dirigeants du club pour convaincre. D’Ailleurs, l’utilisation du mot «pavillon » n’est pas étrangère à la stratégie à venir.
Marc-André Jean, le flamboyant directeur de Charlevoix Jepp Dodge, a été le premier à lever la main en organisant un tournoi pour soutenir le projet du futur pavillon. C’est bien beau remettre environ 80 000$ par édition au club, mais ça va prendre plus que cela pour y arriver.
Le chalet ne se bâtira pas avec des prières. Ça va prendre une belle solidarité régionale et pas mal de jus de bras pour y arriver. La création de l’organisme à but non lucratif Héritage Murray Bay était la chose à faire pour obtenir l’aide des paliers gouvernementaux. On a tellement d’exemples de promoteurs privés qui en ont créé pour ” diversifier ” les sources de revenus.
Ce serait bien plaisant de voir arriver un autre Christian Mars qui aurait de l’intérêt pour le club de golf et serait prêt à élaborer un partenariat. Écrire cela, relève du fantasme, je l’avoue.
Martin Guerin n’est pas celui qui tient absolument à réaliser un projet de 10M$. «Le futur pavillon doit répondre aux besoins du club », qui, note-t-il avec justesse, devra composer avec le recrutement de la main-d’œuvre pour des emplois saisonniers. Rien de simple dans le contexte actuel où toutes les entreprises s’arrachent le personnel pour des emplois à l’année.
S’il est vrai qu’il ne faut pas renier le passé, il ne faut surtout pas tuer l’ambition. C’est ça le grand défi des dirigeants du vénérable club : conserver son âme tout en le positionnant pour le futur.
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