Suspension de son permis fédéral : « On l’a appris à la dure »

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Par Jérôme Gagnon 2:30 PM - 24 juillet 2026
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Courtoisie | Les principaux acteurs de l'entreprise familiale Charcuterie Charlevoisienne. Courtoisie

L’obtention de sa licence fédérale devait marquer une nouvelle étape dans le développement de la Charcuterie Charlevoisienne. Quelques semaines plus tard, l’entreprise est toutefois confrontée à deux rappels de produits et à la suspension de cette même licence par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). 

L’entreprise familiale a accepté de revenir en détail sur la séquence des événements qui a mené à cette situation, tout en défendant les mesures mises en place depuis les premières détections de Listeria monocytogenes.

Le 16 juin dernier, l’entreprise obtenait officiellement son accréditation fédérale, un projet qui représentait près de deux ans de préparation et des investissements évalués à 2,5 millions de dollars. Cette licence devait lui permettre d’élargir ses marchés partout au pays et d’accéder à de nouvelles occasions d’affaires.

« Au niveau du protocole Listeria, entre le provincial puis le fédéral, le step est quand même assez important au niveau des contrôles, de la détection puis des contrôles », explique Fabrice Tremblay, directeur des opérations.

Le 7 juillet, un prélèvement effectué sur le trancheur no 2 révèle une présence de Listeria. Les produits concernés sont immédiatement placés en retenue dans l’attente des résultats de laboratoire.

Toutefois, la configuration de la ligne de production complique la démonstration que seuls ces produits sont concernés.

« Tous les trancheurs convergent ensuite vers la même thermoformeuse. On n’avait aucune preuve qu’il y avait eu contamination des autres produits, mais on n’a pas été capables de démontrer hors de tout doute raisonnable qu’ils ne pouvaient pas avoir été exposés », ajoute l’homme.

Cette incertitude entraîne un premier rappel volontaire.

Difficile de faire face à la Listeria

Conformément au protocole fédéral, l’entreprise devait ensuite démontrer cinq journées consécutives de production sans détection de Listeria afin de mettre fin à ce qu’elle qualifie d’épisode. Or, de nouveaux résultats positifs sont obtenus sur le même trancheur avant la fin du processus.

Cette fois, certains produits avaient déjà quitté l’usine.

« C’est ce qui a mené au deuxième rappel. On a rappelé beaucoup plus de produits parce qu’on a préféré ratisser très large », résume le président-fondateur, Lyn Tremblay.

Ils insistent sur le fait que les rappels visaient une présence possible de Listeria, et non une contamination confirmée de chacun des produits retirés du marché.

Selon eux, lorsque l’ACIA a publié son avis officiel, tous les produits avaient déjà été retirés volontairement des tablettes depuis près de deux jours.

L’entreprise rejette également les perceptions voulant que la suspension de la licence soit liée à un manque d’hygiène.

Les dirigeants rappellent que Listeria monocytogenes est une bactérie particulièrement difficile à éliminer puisqu’elle peut se loger dans des biofilms invisibles à l’œil nu, souvent à l’intérieur même des équipements.

À la suite des premiers résultats positifs, les installations ont été entièrement démontées et nettoyées.

« On a utilisé des lampes UV, démonté les trancheurs, nettoyé pendant cinq ou six jours. Ce sont les propriétaires eux-mêmes qui ont participé au nettoyage avec l’équipe », dit la directrice des ventes et copropriétaire de la Charcuterie Charlevoisienne, Gabrielle Tremblay.

Ils rappellent également que plusieurs grandes entreprises canadiennes du secteur agroalimentaire ont connu des épisodes similaires au fil des années.

Une adaptation aux exigences fédérales

Les dirigeants reconnaissent que l’obtention de la licence fédérale s’accompagne d’exigences beaucoup plus sévères que celles applicables sous la réglementation provinciale.

« On l’a appris à la dure» , résument-ils.

Ils soutiennent toutefois que l’ACIA a suspendu leur licence avant qu’ils puissent présenter officiellement leur plan complet d’actions correctives.

« Depuis le premier jour, nous sommes en mode correctif. Contrairement à ce qui a circulé, nous avons posé énormément d’actions. »

Même si sa licence fédérale est suspendue pour le moment, la Charcuterie Charlevoisienne conserve son permis du MAPAQ, ce qui lui permet de poursuivre la plupart de ses activités.

L’entreprise complète actuellement le protocole de cinq jours consécutifs sans détection de Listeria. Pendant cette période, toutes les productions demeurent volontairement retenues jusqu’à la réception des résultats de laboratoire.

Les dirigeants précisent que plusieurs catégories de produits, notamment les saucisses et les saucissons, n’ont jamais été visées par les rappels.

Le retour complet à la production se fera graduellement, au rythme des résultats obtenus.

Au-delà des rappels, l’épisode laisse déjà des traces importantes.

Sans vouloir avancer de chiffre précis, les dirigeants évaluent les pertes à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Ils rappellent que les investissements consentis au cours des deux dernières années visaient justement à faire de Charcuterie Charlevoix une référence québécoise en matière de transformation alimentaire.

À ce jour, l’entreprise affirme qu’aucun cas de maladie lié aux produits rappelés ne lui a été signalé.

Elle entend maintenant concentrer ses efforts sur le rétablissement de la confiance des consommateurs et de ses partenaires commerciaux.

« Nos clients sont toujours derrière nous. On veut rassurer les gens, leur expliquer ce qui s’est passé et poursuivre notre développement. On est là pour rester », mentionnent-ils.

Les représentants de l’entreprise se disent confiants que les résultats des prochaines analyses confirmeront l’efficacité des mesures mises en place et permettront un retour graduel à la normale.

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Jacinthe Duchesne
Jacinthe Duchesne
20 jours il y a

Charcuterie charlevoisienne très belles explications de la situation
Tout va revenir comme avant 👍

Dany Larouche
Dany Larouche
20 jours il y a

Pour avoir travaillé pendant 10 ans comme boucher chez Provigo(pour ceux assez vieux)😉Et mon chef d’orchestre était Lyn Tremblay je peux vous dire que les norme était suivie et qu’il était strict. Souvenez vous de cette pandémie il y’a peu de temps. Qui était coupable ? Je vais continuer d’acheter et de consommer leur délicieux produits.

lucie Carré
lucie Carré
20 jours il y a

Nous gardons une grande confiance en votre entreprise. 🩵

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