Un comité citoyen tente un « sauvetage ultime » de l’église de Pointe-au-Pic
Le comité de citoyens rencontrera le représentant du diocèse vendredi Photo Félix Côté
Le Comité de sauvegarde de l’église de Pointe-au-Pic demande à la Fabrique de la paroisse de Saint-Laurent de Charlevoix de suspendre la vente du bâtiment pendant un an. Les citoyens souhaitent profiter de ce délai pour créer un organisme sans but lucratif et élaborer un projet de revitalisation à vocation communautaire.
L’église Sacré-Cœur-de-Jésus de Pointe-au-Pic est de nouveau à vendre, cinq ans après l’annonce d’un projet d’acquisition par le Musée de Charlevoix qui n’a finalement pas abouti. Devant cette situation, des citoyens se mobilisent afin d’éviter la disparition ou la transformation irréversible de ce bâtiment inauguré en 1917. « Pour l’instant, nous n’avons pas réussi à convaincre la Fabrique de suspendre la vente de l’église », a indiqué mercredi René Villeneuve, membre du comité de sauvegarde, lors d’une conférence de presse tenue dans le lieu de culte.
Le comité demande un moratoire d’un an afin de se donner le temps de structurer sa démarche, de constituer un organisme sans but lucratif et de trouver une façon viable d’acquérir et d’exploiter le bâtiment. Une dette ancienne, que la Fabrique souhaiterait rembourser grâce à la vente, compliquerait toutefois le dossier.

Les citoyens espèrent éventuellement organiser des activités qui permettraient de générer des revenus et de contribuer au financement du projet. Une pétition, offerte en ligne et en format papier lors des messes, aurait déjà recueilli plus d’une centaine de signatures.
Un lieu communautaire avant tout
Le comité ne souhaite pas transformer l’église uniquement en salle de spectacle. Il imagine plutôt un lieu multifonctionnel pouvant accueillir des activités culturelles, sociales, éducatives et artisanales. « On ne vise nullement à compétitionner les autres églises », insiste René Villeneuve, citant notamment celles de Saint-Irénée et de Saint-Joseph-de-la-Rive, qui accueillent déjà différentes activités culturelles.
L’ancien enseignant évoque, entre autres, la possibilité d’aménager un laboratoire de fabrication doté d’imprimantes 3D, des espaces consacrés au tissage ou au tricot ainsi que des lieux pour la danse, les chorales, les concerts d’orgue et d’autres rassemblements. « Il n’y a rien de communautaire comme tel. Alors, pourquoi est-ce que ça ne deviendrait pas un des lieux communautaires de la région?», demande-t-il.

Selon lui, l’église possède plusieurs avantages : un vaste espace intérieur accessible indépendamment de la météo, une acoustique recherchée, une architecture distinctive et une situation avantageuse au cœur d’un secteur touristique.
« Perdre notre église, c’est perdre notre histoire »
Les membres du comité insistent également sur les richesses historiques et artistiques conservées dans l’église, notamment ses vitraux, ses objets liturgiques et son orgue Casavant centenaire. Passionné par l’histoire du bâtiment, le bénévole Alain Ouellet estime que l’église constitue en elle-même un lieu de mémoire.
« Perdre notre église, c’est perdre notre histoire », résume-t-il.
Il souligne que plusieurs objets présents dans l’église témoignent du passage de familles influentes et d’estivants américains à Pointe-au-Pic. Certains chandeliers datant de la fin du XIXe siècle auraient notamment été offerts par de riches villégiateurs. Le bâtiment renfermerait également plusieurs souvenirs associés à des familles locales et aux soldats de la région. « L’histoire de Charlevoix est parfois davantage présente dans nos églises que dans les musées », soutient M. Ouellet.

Il souhaite que la population, particulièrement les jeunes et les nouveaux résidents, puisse découvrir ces éléments patrimoniaux. Le comité met aussi en valeur l’orgue de l’église, qui conserverait la même sonorité depuis 109 ans.
Cinq années d’attente
Responsable de la chorale, Claire Mercier affirme que plusieurs citoyens croyaient depuis cinq ans que le Musée de Charlevoix allait acquérir l’église. Ce n’est qu’en juin qu’ils auraient compris que le bâtiment était de nouveau offert sur le marché.
Elle appelle maintenant la population à faire preuve de « débrouillardise collective » pour imaginer une nouvelle vocation au lieu. « L’esprit d’ici est assez extraordinaire. C’est ça qu’il faut garder pour la communauté, nourrir et développer en trouvant des projets ensemble », affirme-t-elle.

Le comité compte notamment miser sur l’achalandage touristique de Pointe-au-Pic pour assurer une partie de la viabilité du projet. Ses membres reconnaissent toutefois que plusieurs questions demeurent en suspens, particulièrement en ce qui concerne le prix d’acquisition, le montage financier et les coûts d’entretien.
Une rencontre publique avec le curé Joël Depré aura lieu le vendredi 24 juillet, à 19 h, dans l’église de Pointe-au-Pic. Le comité invite les citoyens, dont les jeunes, à venir s’informer, proposer des idées et se prononcer sur l’avenir du bâtiment.
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Cette église fait partie intégrante de mon histoire personnelle. J’Y ai servi la messe a 25 cents. J’ai fait des niaiseries a la messe de 5 heures. Même une fois en etat d’ébriété. J’ai passé des heures a fixer les tableaux et les vitraux attendant un signe de la réalité de Jésus, j’attends toujours. Bravo au comité il faut sauver cette église.