Marilyne Chicoine, ou comment devenir plus résilient en favorisant le local
Marilyne Chicoine est professeure en approvisionnement durable au Centre de ruralités durables de l'INRS. Photo Charles Dessureault
En juin, le Centre de ruralités durables (CRD) accueillait ses trois premiers professeurs. Prochainement, ces derniers plancheront sur les ébauches des premières recherches du centre de recherche de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) dédié exclusivement aux communautés et enjeux ruraux et basé à Baie-Saint-Paul. Le Charlevoisien vous en fait leur portrait.
Titulaire d’un baccalauréat en commercialisation de la mode, Marilyne Chicoine est tombée amoureuse de la recherche en entamant une maîtrise en marketing agroalimentaire. Elle a ensuite enchaîné avec un doctorat et un postdoctorat en s’intéressant aux concepts de localité et de durabilité, autant du côté des producteurs que des consommateurs de l’industrie agroalimentaire.
Selon la chercheuse, la localité va « beaucoup plus loin » qu’une étiquette. Derrière ce concept, il y a évidemment la géographie qui pèse beaucoup dans la balance, mais « il y a aussi un aspect qui est relationnel, il y a un aspect culturel, il y a un aspect social, etc. », nuance la professeure en approvisionnement durable Marilyne Chicoine.
Au-delà de la localité, elle s’intéresse aux bienfaits qu’une industrie agroalimentaire peut apporter à une communauté ; vient alors le concept de durabilité. Bien qu’il englobe initialement les « impacts environnementaux, sociaux et économiques », Marilyne Chicoine y ajoute le bien-être des parties prenantes.
« On ne parle plus juste de subvenir aux besoins [des communautés], mais aussi de leur bien-être physique, financier, psychologique, subjectif [degré de satisfaction des produits] et eudémonique [qui vise la pleine réalisation des gens]. »
Devenir résilient
Pour bien étudier ces composantes macroscopiques, la professeure de l’INRS compte « zoomer dans le micro » de l’industrie agroalimentaire rurale. Par exemple, décortiquer une chaîne d’approvisionnement lui permettrait d’identifier les acteurs et les flots de ressources humaines ou monétaires pour ainsi en évaluer la durabilité.
Mais dans les chaînes d’approvisionnement globales d’aujourd’hui, elle remarque qu’une « multitude d’intermédiaires entre la production et la consommation » rend « opaque » l’origine des produits et leurs impacts sur les communautés.
Marilyne Chicoine cherche donc à raccourcir ces chaînes d’approvisionnement pour renforcer la résilience des acteurs et des communautés. « On le voit présentement avec un détroit d’Ormuz qui était coupé, les États-Unis manquaient de fertilisants pour ses propres fermiers », soutient-elle.
Mais si une communauté décide de fabriquer son fertilisant le plus localement possible, pr exemple, elle devient immunisée aux perturbations géopolitiques, économiques et environnementales extérieures à son territoire.
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